Actualités 07.04.2026

Enquête santé : foodwatch épingle 10 produits qu’on n’aurait pas soupçonnés être ultra-transformés

Les aliments ultra-transformés sont-ils seulement là où on les attend ? C’est la question que s’est posé foodwatch dans les rayons alimentation des supermarchés. Verdict : derrière des produits en apparence simples – yaourts, salades prêtes à emporter ou wraps – on peut trouver des aliments ultra-transformés contenant des ingrédients industriels absents de nos cuisines. Zoom sur 10 produits que vous n’auriez sans doute pas imaginé être ultra-transformés, et retour sur les risques posés par la consommation d’aliments ultra-transformés pour la santé.

Aliments ultra-transformés : sans affichage, difficiles à repérer

Les aliments ultra-transformés sont omniprésents dans l’offre alimentaire : aujourd’hui, les aliments ultra-transformés représentent 6 produits sur 10 dans les supermarchés. Majoritaires dans l’offre alimentaire, on en retrouve dans tous les rayons. 

Si certains produits sont bien connus et faciles à repérer – sodas, cordons bleus, bonbons, pizzas, céréales pour le petit déjeuner, plats préparés à réchauffer, nuggets et autres produits à base de viande reconstituée – on est loin d’imaginer que la plupart des rayons alimentation sont concernés. Dans une nouvelle enquête, foodwatch montre qu’on peut tomber nez à nez avec des produits ultra-transformés au rayon des yaourts, des épices ou des salades à emporter. 

Le hic ? En l’absence d’étiquetage signalant le caractère ultra-transformé des produits, ces aliments sont très durs à repérer. Ces produits controversés pour la santé se cachent trop souvent derrière des allégations santé comme « riche en fibres », « teneur en protéinés élevée », « sans conservateur ». Au dos des emballages, les ingrédients marqueurs d’ultra-transformation sont nombreux : des additifs comme les émulsifiants, les conservateurs ou les stabilisants et des ingrédients techniques dit cosmétiques comme le sirop de glucose-fructose ou l’amidon modifié. Selon l’Institut National de la Consommation (INC), la présence d’un seul de ces marqueurs dans un produit en fait un aliment ultra-transformé.

foodwatch demande aux responsables politiques d’imposer un étiquetage clair de l’ultra-transformation des produits en face avant des emballages, basé sur la science, et complémentaire du Nutri-Score
Audrey Morice Chargée de campagnes foodwatch France

C’est quoi un aliment ultra-transformé (AUT) ?

Les aliments ultra-transformés sont produits à partir d’ingrédients à usage industriel, en faisant intervenir un ensemble de techniques et de procédés de transformation. Ils sont généralement composés en grande partie de sucres, d'huiles et d'amidons associés à des colorants, des émulsifiants, des arômes et autres additifs pour les rendre plus appétissants. Ils contiennent des ingrédients que vous ne trouveriez pas dans votre cuisine : isolat de protéine de soja, gluten, caséine, sirop à haute teneur en fructose, dextrose ou fibres solubles, par exemple. Enfin, la fabrication d'un AUT nécessite l'utilisation d'auxiliaires technologiques (antimousse, catalyseurs, agents décolorants, de lavage, etc.) : ce sont des substances employées pour le traitement ou la transformation du produit, qui ne sont plus présentes dans l’aliment fini, et qui ne figurent donc pas dans la liste des ingrédients.

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Epaississants, agents de texture, conservateurs, additifs controversés et liste d’ingrédients longue comme le bras, il n’y a pas besoin de s’aventurer dans les rayons pizza, plats préparés et gâteaux pour trouver des aliments ultra-transformés : c’est ce que montre la nouvelle enquête de foodwatch
Audrey Morice Chargée de campagnes foodwatch France

Aliments ultra-transformés : quels impacts pour la santé ?

Les aliments ultra-transformés sont de plus en plus pointés du doigt par les autorités de santé publique, qui recommandent d’en réduire la consommation en raison de leurs effets néfastes sur la santé. Ces autorités de santé pointent un lien entre une forte consommation d’AUT et un risque accru de maladies chroniques.  

Ces effets s’expliquent par plusieurs mécanismes. Les AUT sont généralement pauvres sur le plan nutritionnel et favorisent une surconsommation calorique, pouvant entraîner une prise de poids, de l’obésité et des troubles métaboliques comme la stéatose hépatique. Conçus pour être très appétissants, leur fabrication pousse à les consommer sans réelle satiété, tandis que leur transformation altère l’assimilation des nutriments. 

En parallèle, la présence d’additifs ou de substances issues des procédés de transformation (comme l’acrylamide) expose à des risques supplémentaires : certains sont suspectés ou avérés cancérogènes, d’autres sont associés à des maladies cardiovasculaires, à des inflammations chroniques ou à des perturbations du microbiote intestinal. L’effet combiné de ces substances sur le long terme suscite également des inquiétudes croissantes parmi les scientifiques. Si comment et pourquoi ces aliments posent des problèmes n’est pas clairement identifié, leur lien avec l’augmentation des risques sur notre santé l’est.  

Aliments ultra-transformés : c’est quoi le problème ?

En effet, les effets sanitaires des aliments ultra-transformés ne s’expliquent pas uniquement par leur profil nutritionnel mais aussi par la structure physique modifiée des aliments (ce qu’on appelle la matrice alimentaire), la présence d’additifs et d’ingrédients industriels, les effets sur le microbiote intestinal et les modes de consommation favorisant la surconsommation de ces aliments.  

Les conséquences sanitaires sont largement documentées : une consommation élevée d’AUT est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de nombreux cancers (notamment du sein, du côlon, du foie), de diabète de type 2, ainsi que de surpoids et d’obésité. Elle est aussi liée à une augmentation des troubles de santé mentale, comme les symptômes dépressifs et anxieux, probablement en lien avec l’inflammation et les perturbations du microbiote. D’autres impacts sont suspectés, comme des troubles digestifs, du sommeil ou un vieillissement biologique accéléré.  

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