Actualités 20.08.2026

L’aspartame scruté par l’EFSA et la Commission européenne : l’additif controversé bientôt interdit ?

En septembre 2026, un avis scientifique très attendu de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA, European Food Safety Authority) pourrait permettre à la Commission européenne de prendre des mesures concernant l’aspartame, l’édulcorant controversé aussi appelé E951. L’enjeu est de taille. On vous explique. Plus de 400 000 consommateurs demandent d’ores et déjà à l’Union européenne d’interdire l’aspartame qui met leur santé à risque. Ils ont signé la pétition lancée par foodwatch, la Ligue contre le cancer et Yuka qui va continuer de grimper tant que l’affaire ne sera pas tranchée au niveau politique.

Aspartame : une énorme mobilisation et les risques pour la santé de plus en plus documentés

Aux quatre coins de l’Europe, plus de 400 000 consommateurs disent « Non à l’aspartame dans nos aliments et boissons ». La pétition pour interdire l’aspartame de foodwatch, la Ligue contre le cancer et Yuka a été lancée en français, anglais, allemand, espagnol, italien, néerlandais en février 2025 et le nombre de signatures ne cesse de monter, tant le sujet inquiète les Européens.  

Rappelons que l’aspartame fait l’objet d’une surveillance étroite depuis des années. Nous disposons désormais d’un nombre croissant de preuves scientifiques associant cet édulcorant à des effets nocifs sur la santé — de certains cancers au diabète de type 2 en passant par les maladies cardiovasculaires ou encore des lésions du microbiote intestinal. Malgré ces alertes, l'aspartame reste autorisé dans les aliments et les boissons dans toute l'Union européenne à des doses relativement élevées, y compris dans des produits fréquemment consommés par les enfants et les femmes enceintes. Nos autorités de régulation se sont jusqu’à présent appuyées principalement sur des données vieilles de plusieurs décennies et mises en avant par l’industrie. Mais, roulement de tambour, une nouvelle évaluation scientifique au niveau européen pourrait enfin faire bouger les choses. 

Evaluation des additifs : l’EFSA se penche sur le E 962 et aussi le E951

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA, European Food Safety Authority) travaille en ce moment même sur la réévaluation du sel d’aspartame-acésulfame, l’additif E 962. Elle doit pour cela forcément se pencher sur l’aspartame, E951, un édulcorant de la même famille. Parce que nous suivons tous les développements pour vous, on vous explique.  

En juillet dernier, une réunion du groupe scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments chargé des additifs alimentaires s’est tenue à Parme, au siège de l’EFSA. L’avis scientifique sur le sel d’aspartame-acésulfame (E 962) - un mélange chimique composé de deux additifs : l’aspartame (E 951) et l’acésulfame K (E 950) - figurait à l’ordre du jour et a apparemment fait l’objet d’un accord pour finaliser le document qui paraîtra à l’automne 2026 dans le EFSA Journal. C’est une bonne nouvelle. Cet avis concernant la réévaluation de la sécurité des additifs était attendu depuis longtemps et a apparemment enfin été adopté par les scientifiques de l’EFSA. 

Si, officiellement, l’évaluation porte sur le sel d’aspartame-acésulfame, le E962 n’est en réalité aujourd’hui presque plus utilisé par l’industrie agroalimentaire et les données sont rares. L’enjeu est donc bien plus large que cela. En effet, cet additif contient en partie de l’aspartame. Les experts scientifiques de l’EFSA ont donc dû s’appuyer sur les données relatives aux deux édulcorants qui le composent, dont l’aspartame. La dernière évaluation de l’aspartame par l’EFSA datant de 2013, l’agence européenne s’est engagée à examiner la littérature scientifique publiée depuis treize ans et également à « actualiser l'évaluation de l'exposition alimentaire à l'aspartame ». 

 

« L’évaluation de la sécurité de l’aspartame par l’EFSA a plus de dix ans. Ses données obsolètes sont soutenues par l’industrie qui plaide le statu quo. Cet avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments très attendu est une véritable occasion de mettre enfin à jour l’état des connaissances scientifiques concernant les risques de l’aspartame pour la santé et de changer enfin de cap. foodwatch va suivre cela de très près. Des centaines de milliers de consommateurs sont mobilisés avec nous ».
Natacha Cingotti, directrice des stratégies de campagne chez foodwatch International

Aspartame : la Commission européenne devra agir après l’avis de l’EFSA 

Selon l’EFSA, la date butoir pour la publication de l’avis complet est le 30 septembre (la date exacte doit encore être confirmée). Il s’agira peut-être d’un tournant pour l’avenir de l’aspartame, car l’Autorité pourrait formuler de nouvelles recommandations concernant la dose journalière acceptable. Si c’était le cas, la Commission européenne pourrait elle aussi agir. Comprenez : déclencher de nouvelles mesures.  

Dès début 2025, nous avons demandé à la Commission européenne, avec votre soutien, une interdiction totale de l’édulcorant controversé E951. Dans une lettre adressée à foodwatch, Yuka et La Ligue contre le Cancer en mars 2025, disponible sur notre site web, la Commission européenne a confirmé : 

« Dans le cadre de la réévaluation du sel d’aspartame-acésulfame (E 962), l’EFSA examinera attentivement toutes les nouvelles études pertinentes sur l’aspartame qui ont été publiées depuis la dernière évaluation des risques liés à l’aspartame réalisée en 2013. 

(...) 

La Commission prendra, si nécessaire, les mesures appropriées de gestion des risques concernant l’aspartame (E 951) sur la base de la réévaluation actualisée de l’EFSA en matière de sécurité dès qu’elle sera disponible, en gardant la santé et la sécurité comme principes directeurs principaux. » 

 

Sodas, chewing-gums, produits laitiers : quel est le problème avec l’aspartame ?

L’aspartame est un édulcorant très répandu que l’on retrouve actuellement dans environ 2 500 produits en Europe et 6 000 produits dans le monde. Il est notamment utilisé dans les sodas, les chewing-gums ou les produits laitiers. Et il n’est pas sans risque pour la santé.  

En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé l’aspartame parmi les substances potentiellement cancérigènes pour l’homme, sur la base de données publiques examinant strictement les propriétés intrinsèques de la substance. Parallèlement, le Comité mixte FAO-OMS d’experts sur les additifs alimentaires (JECFA) a publié un nouvel avis réaffirmant la sécurité de cet édulcorant aux doses actuellement recommandées par l’EFSA.  

Actuellement, la dose journalière admissible d’aspartame fixée par l’EFSA, principalement sur la base de données fournies par l’industrie, est de 40 mg par kilogramme de poids corporel par jour ; ce qui équivaut à 9 à 14 canettes de soda light contenant 200 à 300 mg d’aspartame pour un adulte de 70 kg. Mais cette recommandation est basée sur la dernière évaluation de 2013 entachée d’une importante controverse publique. L’EFSA avait alors surtout prêté attention à des études commanditées par l’industrie (rassurantes et confirmant l’innocuité) au détriment de preuves scientifiques indépendantes évaluées par des pairs (soulignant des préoccupations potentielles pour la santé publique). Or, plus récemment, l’étude épidémiologique de l’INSERM a mesuré des doses d’exposition problématique entre une demi et une canette de soda édulcoré par jour. Autrement dit, ce que les autorités jugent “sans danger” pourrait en réalité présenter des risques pour la santé. 

Avec la Ligue contre le cancer et Yuka, continuons de nous mobiliser, de signer et partager la pétition pour faire interdire l’aspartame

 

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