Stretchflation : ces hausses de prix masquées derrière des formats plus gros !
Tout est apparemment bon pour essayer de cacher aux consommateurs et consommatrices une augmentation de prix. Dans une nouvelle enquête, foodwatch révèle de nouveau des pratiques opaques et inacceptables de l’industrie alimentaire. Après avoir dénoncé la shrinkflation et la cheapflation, l’association braque les projecteurs sur la stretchflation, qui consiste à augmenter le poids d'un produit, tout en y appliquant une plus forte hausse de prix. foodwatch épingle 5 exemples concrets. Qu’est-ce que cette pratique ? Pourquoi foodwatch la dénonce-t-elle ? Réponse dans cet article.
La stretchflation : une nouvelle technique de l’industrie agroalimentaire pour augmenter les prix ?
La stretchflation, de l’anglais “stretch”, qui signifie étirer, et de la contraction d’inflation, qualifie l’augmentation du poids d’un produit et l’augmentation plus importante de son prix. Le principe ? Gonfler le format d’un produit, souvent de quelques grammes seulement, tout en augmentant son prix au kilo ou au litre. Souvent, cette augmentation de prix est exagérée et disproportionnée par rapport aux quelques grammes de produit gagnés.
Dans les supermarchés, les consommatrices et consommateurs ont l’impression d’y gagner. C’est bien ce que fait croire le marketing des produits, avec des mentions telles que “format plus généreux” ou “nouveau format, + de”. La hausse de prix exercée en parallèle n’est, elle, pas perceptible à l’œil nu et bien sûr, pas précisée par l’industriel ! Le nouveau prix au kilo est bien affiché mais il est quasi-impossible pour les consommateurs et consommatrices de se souvenir de l’ancien prix au kilo du précédent format qui n’est lui plus affiché nulle part.
Après avoir mis en lumière la shrinkflation et la cheapflation – pratiques déjà largement critiquées et médiatisées –, foodwatch poursuit son combat pour le droit à une information plus transparente sur notre alimentation, afin que chaque consommatrice et consommateur puisse savoir ce qui se cache derrière le prix et le marketing des produits. La transparence sur la construction des prix est aujourd’hui la seule réponse possible à ces pratiques inacceptables.Chargée de campagnes foodwatch France
Stretchflation : 5 produits épinglés, les marques dans le viseur de foodwatch
Les réponses des marques
Nous avons échangé avec les marques au sujet de ces hausses de prix, voici leurs réponses :
Ces exemples, s'ils ne peuvent être généralisés à tous les changements de format, jettent le doute et continuent de saper la confiance des consommatrices et consommateurs qui se sentent floué·es par les supermarchés et les industriels.
Les relevés de prix initiaux ont été réalisés du 01/06/23 au 30/11/23. Les prix actuels ont été relevés en décembre 2025 et janvier 2026 dans des supermarchés dans cinq régions différentes (Pays de Loire, Hauts de France, Paca, Occitanie, Grand-Est). Les taux d'inflation ont été calculés à partir de l'indice des prix à la consommation - Base 2015 - Ensemble des ménages - France - Alimentation de l'INSEE.
Stretchflation : quand les magouilles dans les supermarchés montrent toute l’opacité du système
Ce que foodwatch dénonce en épinglant la stretchflation ? Le manque de transparence du secteur agroalimentaire. Les emballages changent à peine, les formats évoluent souvent en catimini, sans référence au prix au kilo et sans transparence sur son évolution. Surtout, à moins d’être une association de défense des consommatrices et consommateurs, il est impossible de connaître et de retenir l’ensemble des prix au kilo ou au litre des produits que l’on achète d’une semaine sur l’autre. Dans ces conditions, comment peut-on savoir à qui profite vraiment ces augmentations de prix ?
Cette opacité est renforcée par des règles floues qui n’obligent pas les marques à signaler clairement les changements de poids ou de volume. Résultat : ces hausses de prix sont difficiles à détecter et presque impossibles à sanctionner. L’existence de ces pratiques jette le doute sur toutes les augmentations de format tant que industriels et distributeurs ne seront pas obligés de faire la transparence totale sur la façon dont la valeur est répartie tout au long de la chaine entre les différents acteurs.
foodwatch dénonce le manque de transparence sur l’évolution des formats et des prix, qui empêche les consommatrices et consommateurs de savoir réellement ce qu’ils achètent et ce qu’ils paient.Chargée de campagnes foodwatch France
Méthodologie : comment foodwatch a documenté la stretchflation
Documenter la stretchflation n’est pas simple : dès qu’un produit change de format, l’ancienne version disparaît des rayons, ce qui rend impossible toute comparaison directe en magasin. Sans compter que le changement peut s’opérer sur plusieurs mois, et que l’augmentation de prix, pondérée de l’inflation, est impossible à suivre.
Pour enquêter, foodwatch a commencé par repérer dans les catalogues promotionnels des supermarchés les mentions telles que “nouveaux formats” ou “formats plus généreux”. En comparant ces produits avec leurs anciennes versions et grâce aux réponses des marques, il est possible de repérer précisément quand le poids augmente légèrement, tandis que le prix, lui, grimpe plus fortement.
En parallèle, des relevés de prix ont été effectués directement en magasin pour photographier les nouveaux formats, vérifier les prix affichés et relever le prix au kilo ou au litre, l’indicateur le plus fiable pour mesurer la véritable évolution tarifaire. En comparant ces informations avec celles issues des catalogues, foodwatch a pu faire un “avant/après”, entre 2023 et 2025, et déterminer l’évolution de la quantité et du prix (pondéré de l’inflation alimentaire) dans un même supermarché, pour chaque produit épinglé.
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