Miel, confitures, jus de fruits : ce qui change sur nos étiquettes avec la directive « petit-déjeuner »
De nouvelles règles s'appliquent désormais à plusieurs aliments du quotidien. Entrée en vigueur le 14 juin 2026 après sa transposition en droit français par décret en avril de la même année, la directive européenne dite « petit-déjeuner » vise à renforcer la transparence sur l’étiquette et enrayer la fraude alimentaire. Miel, confitures, crème de marrons, jus de fruits et laits déshydratés : foodwatch fait le point sur les principaux changements.
C'est sans doute le changement le plus visible. Désormais, les pots de miel commercialisés dans l'Union européenne doivent indiquer clairement tous les pays dans lesquels le miel a été récolté, ainsi que la part que représente chacun d'eux dans le mélange quand il y en a un.
Les mentions très vagues telles que « Origine : UE et non UE » disparaissent. À la place, les consommateur·rices verront figurer, dans le champ visuel principal de l'étiquette, chaque pays d'origine accompagné de son pourcentage. Par exemple : France 45 %, Italie 35 %, Vietnam 20 %. Une marge d'erreur de 5 % est admise sur les proportions indiquées. Découvrez en vidéo à quoi ressemble ces changements au rayon miel avec notre collègue Myriam :
Pour les emballages de moins de 30 grammes – comme par exemple les mini-portions que l’on retrouve à l’hôtel -, les pays pourront être identifiés par un code à deux lettres.
Cette évolution était demandée par les apiculteur·rices d’Europe. Car selon la Commission européenne, 46 % des échantillons de miels importés de pays tiers (hors UE) présentent des soupçons de fraude, notamment par l'ajout de sirops de sucre. Une meilleure identification de l'origine doit contribuer à limiter ces pratiques et permettre aux consommateur·rices de savoir précisément ce qu'ils et elles achètent. L’étiquetage de l’origine du miel ne suffira malheureusement pas à enrayer totalement la fraude. Le risque demeure de voir « France » sur un pot de miel contenant, par exemple, du miel italien. C’est une tromperie qui est toujours sanctionnée, à condition cependant d’être repérée... Et pour cela malheureusement, la directive ne renforce pas les contrôles et ne crée par de nouvelles sanctions.
Confitures et crème de marrons : plus de fruits, moins de sucre ajouté
La confiture digne de ce nom contient désormais plus de fruits. La confiture classique devra désormais contenir au moins 450 grammes de fruits par kilogramme, contre 350 grammes auparavant. Pour la confiture extra, le seuil passe à 500 grammes. Les appellations « confiture extra » et « gelée extra » restent réservées aux produits contenant davantage de fruits que les confitures ou gelées classiques.
Les étiquettes devront également préciser la quantité de fruits utilisée pour fabriquer 100 grammes de produit fini, tandis que les fruits devront être listés par ordre d'importance.
Cette évolution devrait conduire à des recettes contenant une proportion plus importante de fruits et, de ce fait, une moindre proportion de sucre ajouté.
En France, le terme « marmelade » ne peut toujours pas remplacer celui de « confiture » pour ces produits, même si cette dénomination est autorisée dans d'autres États membres.
Autre nouveauté : la purée de marrons sucrée, ou crème de marrons, devra désormais mentionner le pays d'origine des marrons utilisés.
Jus de fruits : de nouvelles catégories, oui mais...
La directive crée trois nouvelles catégories : les « jus de fruits à teneur réduite en sucres », les « jus de fruits à base de concentré à teneur réduite en sucres » et les « jus de fruits concentrés à teneur réduite en sucres ».
Pour pouvoir utiliser l'une de ces trois dénominations, les produits devront présenter une teneur en sucres naturellement présents réduite d'au moins 30 %, grâce à des procédés qui préservent les caractéristiques essentielles du fruit.
La réglementation autorise également la mention volontaire (donc pas obligatoire) : « Les jus de fruits ne contiennent que des sucres naturellement présents ». Aucune autre formule ne pourra être utilisée pour transmettre cette information. foodwatch estime que la mention « Les jus de fruits ne contiennent que des sucres naturellement présents » peut induire les consommateur·rices en erreur, les sucres des jus étant considérés comme des sucres libres une fois les fibres du fruit retirées. La loi interdisait déjà d’ajouter du sucre dans les jus de fruits.
Les édulcorants – vous savez, ces substituts au sucre tels que l’aspartame, par exemple - sont interdits dans les jus de fruits, mais restent autorisés dans les nectars de fruits. Un nectar ne peut porter la mention « sans sucres ajoutés » que s’il ne contient ni sucres ajoutés, ni édulcorants, ni aucun autre ingrédient utilisé pour son pouvoir sucrant.
Laits déshydratés : adaptation aux produits sans lactose
La directive autorise désormais l'utilisation de traitements permettant de fabriquer des laits déshydratés sans lactose. Cette évolution accompagne le développement de produits adaptés aux personnes intolérantes au lactose.
Jusqu’à l’épuisement des stocks, une évolution progressive dans les rayons
Les nouvelles règles de la directive « petit-déjeuner » sont d’ores et déjà en vigueur, mais leurs effets seront progressifs. Les produits mis sur le marché ou étiquetés avant le 14 juin 2026 conformément à l'ancienne réglementation peuvent continuer à être commercialisés jusqu'à épuisement des stocks. Pendant plusieurs mois, les consommateur·rices devraient donc voir cohabiter anciens et nouveaux emballages dans les rayons.
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