« Le mensonge du libre-échange » par Thilo Bode (foodwatch) : les dessous des traités TAFTA et CETA
A quelques jours de l’adoption prévue du CETA au Conseil de l’UE du 18 octobre, la désinformation bat son plein. Le CETA, comme le TAFTA, serait bon pour la croissance, l’emploi, et même l’environnement. Ce sont ces mythes que démonte méthodiquement Thilo Bode, fondateur de foodwatch. Dans « Le mensonge du libre-échange », il braque les projecteurs sur les contre-vérités répétées à l’envi par les défenseurs des traités, et donne les clés pour comprendre l’urgence de la situation.
Les impacts des traités sur l’alimentation de centaines de millions de personnes en Europe seront directs. Thilo Bode décrit par exemple comment une amélioration – nécessaire – de l’étiquetage des aliments contenant des OGM deviendra impossible. Autre exemple, l’étiquetage nutritionnel, dont on débat beaucoup en ce moment en France. Le CETA, traité « vivant » qui évoluera en permanence, pourrait tout à fait conditionner l’introduction de logos nutritionnels à la reconnaissance mutuelle des ces logos par les deux parties. Dans ce cas leur introduction ne serait possible qu’avec l’accord du partenaire commercial – en l’occurrence le Canada.
Attaquer CETA et TAFTA, ce serait attaquer le principe du libre-échange ? « Sûrement pas, répond Thilo Bode, économiste de formation qui a longtemps travaillé dans le secteur du développement. Plus que de commerce international, c’est du droit des Etats à décider souverainement qu’il s’agit ». Car pour l’auteur les partisans de ces accords jouent un tour de passe-passe : ils mettent dans le même panier d’un côté les standards techniques, et de l’autre les droits socio-économiques ainsi que la protection de l’environnement.
Le gouvernement français, tout comme le gouvernement allemand ont communiqué à plusieurs reprises sur la « fin » du TAFTA. « Le mensonge du libre-échange » nous plonge dans ce jeu de ping-pong politique entre les deux grandes puissances européennes.
Derrière les déclarations de façade, il démontre que l’enterrement de première classe réservé au TAFTA n’a aucun sens tant que les négociations du CETA continuent. Selon Thilo Bode, « le CETA, tout comme le TAFTA, permettra aux multinationales de peser encore plus dans les décisions politiques. Beaucoup de mesures qui font aujourd’hui défaut pour mieux protéger les consommateurs européens dépendront demain du bon vouloir des grands groupes. Le système de justice parallèle prévu dans les traités conduira à l’autocensure des gouvernements qui devront légiférer en permanence sous une épée de Damoclès : celle des poursuites que les entreprises pourront engager contre les Etats si elles estiment que leurs profits sont menacés par une mesure. »
Note aux rédactions :
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