Santé : trois études alarmantes de l’Inserm sur les additifs alimentaires. « A quand le courage politique ? », fulmine foodwatch
Trois nouvelles études publiées aujourd’hui par l’Inserm confirment l’association entre une consommation plus élevée d’aliments contenant certains additifs — colorants et conservateurs — et une augmentation du risque de cancer, de diabète de type 2, d’hypertension ou encore de maladies cardiovasculaires. Pour foodwatch, ces nouvelles alertes scientifiques doivent provoquer un électrochoc politique : les risques liés aux additifs alimentaires et à l’alimentation ultra-transformée ne peuvent plus être ignorés. Les pouvoirs publics doivent enfin agir pour protéger la santé des consommateurs et consommatrices.
Les colorants et les conservateurs de notre alimentation augmentent le risque de développer certains cancers, un diabète de type 2 ou encore de l’hypertension. C’est ce que démontrent trois nouvelles études pilotées par une équipe de chercheurs et chercheuses de l’Inserm : ces rapports pointent des liens entre la consommation de colorants alimentaires -les additifs E100 à E199 - et de conservateurs et antioxydants – les additifs E200 à E399 – et un risque accru de développer ces maladies. Ces travaux, menés à partir de la cohorte française NutriNet-Santé, portent sur plus de 100 000 participant·es suivi·es entre 2009 et 2023 /2024 selon les études. Pour foodwatch, ces rapports scientifiques indépendants doivent être pris au sérieux et se traduire par des mesures visant enfin à protéger les consommateurs.
Pour Audrey Morice, chargée de campagnes chez foodwatch : « On ne peut plus traiter ces résultats comme des alertes isolées. L’inaction politique est injustifiable. Les décideurs politiques doivent enfin prendre leurs responsabilités : réduire la quantité d’additifs dans notre alimentation en commençant par interdire les additifs les plus controversés et strictement encadrer les aliments ultra-transformés ».
Les deux premières études montrent pour la première fois des associations entre la consommation de colorants alimentaires et une augmentation de 38% du risque de diabète de type 2 et de 14% du risque de cancer global chez les plus forts consommateurs comparé aux plus faiblement exposés. Marqueurs caractéristiques des aliments ultra-transformés, ces additifs sont utilisés pour ajouter ou redonner de la couleur aux aliments afin de les rendre plus attractifs.
La troisième étude, publiée dans le European Heart Journal, montre une association entre la consommation de conservateurs et le risque d’hypertension et de maladies cardiovasculaires. Les conservateurs pris dans leur globalité sont associés à une augmentation de 24 % du risque d’hypertension chez les plus forts consommateurs comparé aux plus faiblement exposés.
foodwatch demande depuis plusieurs années des mesures fortes, notamment l’interdiction des nitrites et nitrates (E249 à E252) ajoutés dans l’alimentation dont le lien avec le cancer colorectal a été clairement démontré et de l’aspartame (E951) dont l’inutilité pour la majorité des consommateurs ne vaut pas le risque probable de cancer identifié.
Pour foodwatch, les solutions sont connues et à portée de main. Ce qui manque aujourd’hui, c’est le courage politique. Les citoyennes et citoyennes sont au rendez-vous : plus de 400.000 Européen·nes exigent l’interdiction de l’aspartame et plus de 125 000 personnes ont déjà signé la pétition lancée par foodwatch, Yuka et France Assos Santé pour lutter contre les impacts des aliments ultra-transformés sur la santé. Plus d’un demi-million de personnes veulent, avec foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer, l’interdiction des nitrites ajoutés dans l’alimentation.
Les additifs sont particulièrement utilisés par l’industrie agroalimentaire dans les aliments ultra-transformés, et au cœur de nombreuses controverses scientifiques.
Les nouvelles études de l’Inserm appellent les autorités de santé à réévaluer la sécurité de ces additifs pour protéger plus efficacement la santé des consommatrices et consommateurs. Une alerte déjà donnée en janvier 2026 dans une étude similaire portant sur les risques associés à la consommation d’additifs conservateurs et émulsifiants. Combien d’alertes faudra-t-il aux responsables politiques pour agir ?
Sources
- Communiqué de l’Inserm : trois nouvelles études sur les associations entre consommation d’additifs colorants alimentaires et de conservateurs et risque accru de cancer, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires et hypertension.
- Communiqué de presse foodwatch, janvier 2026 : Additifs et maladies cardiovasculaires : trois nouvelles alertes scientifiques. Pour foodwatch, il est urgent de protéger la santé publique.
- C’est quoi le problème avec les additifs alimentaires ? foodwatch
- Aliments ultra-transformés : quel est le problème ? foodwatch
- La pétition Trop d’aliments ultra-transformés : protégeons notre santé lancée par foodwatch, France Asso Santé et Yuka a déjà recueilli plus de 125 000 signatures.
- La pétition Stop aux nitrites ajoutés dans notre alimentation lancée par foodwatch, Ligue contre le Cancer et Yuka a déjà recueilli près d’un demi-million de signatures.
- La pétition Non à l’aspartame dans nos aliments lancée par foodwatch, la Ligue contre le cancer et Yuka a déjà recueilli plus de 400 000 signatures.