Communiqués de presse 24.09.2025

Fromagerie Chavegrand, le scandale sanitaire évitable : la listeria repérée dès 2024, confirme le Parquet de Paris

Paris, le 24 septembre 2025.

La fromagerie Chavegrand fait l’objet d’une enquête par le pôle santé publique du Parquet de Paris, révèle le journal La Montagne : « La Listeria avait été identifiée lors de plusieurs prélèvements de surface effectués en 2024 ». Des décès et des malades auraient pu être évités : c’est grave, souligne foodwatch. 

Suite aux rappels massifs de fromages cet été produits par la fromagerie Chavegrand, foodwatch dénonçait dès le 12 août dernier « un scandale sanitaire évitable ». En France, deux personnes sont décédées et au moins 22 personnes tombées malades suite à une contamination à la Listeria monocytogenes. Mais les fromages ont aussi été exportés dans une trentaine de pays. foodwatch avait souligné que de précédents rappels pour les mêmes produits étaient déjà survenus plus tôt dans l’année.  

Une semaine après les révélations de foodwatch, le Parquet de Paris s’est saisi de l’affaire, apprend-on aujourd’hui dans un article paru dans La Montagne : « Alors que la fromagerie creusoise assurait jusqu’alors que la première détection de la bactérie remontait à juin 2025, le parquet de Paris indique que l’entreprise aurait eu connaissance d’une contamination antérieure. (...) La Listeria avait été identifiée lors de plusieurs prélèvements de surface effectués en 2024 ». 

D’après le porte-parole de l’entreprise, le séquençage du gène du contaminant identifié en 2024 est le même que celui qui relie les malades contaminés en 2025.  

Selon François Delotte, journaliste à La Montagne, le parquet de Paris a retenu les cinq chefs d’accusation suivants contre la fromagerie Chavegrand : 

  • Tromperie entraînant un danger pour la santé ;  
  • Mise sur le marché d’un produit d’origine animale préjudiciable à la santé ; 
  • Homicides involontaires, blessures involontaires avec incapacité de travail supérieures et inférieures à 3 mois, et mise en danger de mort ou d’infirmité ; 
  • Obstacle aux fonctions des agents chargés de la sécurité sanitaire de l’alimentation ;  
  • Non information du préfet du risque pour la santé présenté par une denrée alimentaire révélé par un autocontrôle. 

Pour foodwatch, c’est grave. Camille Dorioz, directeur des campagnes chez foodwatch réagit vivement : « Nous saluons le sérieux avec lequel ce scandale sanitaire est pris au niveau des autorités judiciaires. Sur cette affaire, on ne peut pas en rester à quelques rappels sans conséquence. Il va falloir rendre des comptes. Des décès et des malades auraient pu être évités puisqu’on apprend aujourd’hui que la listeria avait été repérée dans l’entreprise dès 2024. ».  

Scandales après scandales, foodwatch dénonce le manque de transparence à l’égard des consommateurs sur la commercialisation de produits les exposant à un danger, trop souvent par le biais de rappels opérés en catimini et quand il est trop tard.  

Sources :