Communiqués de presse 28.11.2025

Malbouffe et enfants : « La SNANC manque de courage politique sur des dossiers clés de santé publique », critique foodwatch

Chers journalistes,

Vous êtes plusieurs à souhaiter lire le texte de la SNANC, le voici. Au vu des enjeux majeurs de santé publique, c’est un dossier que foodwatch suit de très près.

Le report de sa publication en toute dernière minute, dans la foulée des révélations de la cellule investigation de Radio France, est inadmissible.

Les atermoiements et le manque de courage du gouvernement sont pathétiques au vu de l'urgence d'avancer sur ces sujets clés. Il n'y a plus de temps à perdre.

Le texte de la SNANC
Nous restons à votre disposition.

foodwatch France 

foodwatch a réagi dès la publication de la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) ce 28 novembre. Pour l’organisation de défense des consommateurs, le texte n’est pas assez ambitieux.

foodwatch monte au créneau sur deux dossiers importants de santé publique : l’exposition des enfants aux pratiques marketing et publicitaires agressives pour des produits mauvais pour leur santé et la limitation de la consommation d’aliments ultra-transformés.

« La SNANC dans sa version initiale protégeait les enfants du marketing de la malbouffe par des interdictions réglementaires strictes. Le texte publié aujourd’hui montre que le gouvernement a rétropédalé et se limite à une timide menace à l’égard des industriels de la malbouffe qui ont ainsi encore de beaux jours devant eux », commente Audrey Morice, chargée de campagnes chez foodwatch.

Le texte de la SNANC à ce sujet indique en effet : « En cas d’insuffisance des dispositions volontaires, une mesure réglementaire d’encadrement du marketing alimentaire dans les médias sera envisagée ». Pourquoi attendre ?

Le gouvernement continue de miser sur la pseudo bonne volonté des entreprises et à ignorer les recommandations de Santé Publique France ou de l’Organisation mondiale de la Santé, qui depuis des années alertent sur l’inefficacité de l’auto-régulation et appellent à une mesure d’interdiction immédiate. Les enquêtes de foodwatch démontrent que les industriels gavent les plus jeunes de sucre, de gras et de sel.

Sur le sujet des aliments ultra-transformés, les impacts sur la santé sont d’ores et déjà connus et documentés par l’INSERM, l’INRAe, et par une série d’articles publiés par le Lancet la semaine dernière encore. « Pourtant, avec la SNANC, le gouvernement joue la montre, qui est exactement le jeu des industriels pour diluer les débats sur leur responsabilité dans le boom des maladies non-transmissibles liées à l’alimentation. Il est inadmissible de perdre ainsi un temps fou alors que le problème de santé publique est d’ores et déjà là », s’indigne Audrey Morice.

Plus d'info

  • Les enfants, cibles du marketing de la malbouffe : l’heure de l’action politique, rapport foodwatch
  • La malbouffe cible nos enfants, une loi doit les protéger ! Pétition foodwatch, plus de 74 000 signatures
  • Depuis 2009, les industriels de l’agroalimentaire sont incités à l’autorégulation, par une « charte d’engagement visant à promouvoir une alimentation et une activité physique favorables à la santé dans les programmes et les publicités diffusés à la télévision » sous l’égide de l’Arcom (ex-CSA) dont les nombreuses limites ont été à plusieurs reprises prouvées.
  • Santé Publique France indique à ce propos en 2020 : « La charte du CSA n’étant pas contraignante, et rien n’étant inscrit pour limiter l’exposition des enfants à la publicité, elle est de faible efficacité. » 
  • Ultra-processed foods and human health: the main thesis and the evidence, Monteiro, Carlos A et al. The Lancet, Volume 0, Issue 0
  • Aliment ultra-transformés, quel est le problème ?, article foodwatch