Communiqués de presse 15.12.2025

Rappel de lait en poudre pour bébés Nestlé en Europe : un risque inacceptable, dénonce foodwatch

Mise à jour 16/12/2025 :

Le réseau d'alerte européen RASFF comporte une notification qui permet de constater que davantage de pays viennent s'ajouter à la liste de pays concernés par la distribution et le rappel de lait en poudre Nestlé potentiellement contaminé. La voici : lien

Du lait en poudre pour nourrissons (0 – 6 mois) de la marque Guigoz Optipro Relais 1 (800 grammes) fabriqué par Nestlé, portant le numéro de lot 52820346AB, est rappelé en France. Au vu du risque inacceptable pour les nouveaux-nés, foodwatch s’interroge sur l’ampleur et la gravité d’un rappel massif dans plusieurs pays européens.

D’après l’information publiée sur le site de Rappel Conso jeudi 11 novembre, le lot concerné par le risque de présence de “Bacillus cereus” est commercialisé depuis le 22 octobre, c’est-à-dire depuis près de deux mois en France dans toutes les chaînes de supermarché, pharmacies, parapharmacie et sur Amazon. foodwatch demande à Nestlé de s’expliquer sur ce décalage dans les dates. 

Cette bactérie Bacillus cereus aurait été détectée lors d’un autocontrôle dans l'usine Nestlé de Nunspeet, aux Pays-Bas, où le lot rappelé en France a été fabriqué, selon Food Safety News. Les toxi-infections alimentaires causées par les Bacillus cereus peuvent se traduire chez les bébés par de la diarrhée souvent accompagnée de douleurs abdominales, de nausées, de vomissements et parfois de fièvre. Les produits de cette usine sont vendus en Europe sous différentes marques – Guigoz, NAN Sensitive1 , NAN Expert Pro Sensilac, BEBA Optipro 1, BEBA Comfort 1, Lactogen Harmony 1, Nidina Optipro notamment.

foodwatch a vérifié que ces laits en poudre de Nestlé sont aussi rappelés en Espagne, en Italie, en Suède, au Danemark, en Finlande, en Hongrie, en République tchèque, en Pologne. Rien ne semble avoir pour l’instant été partagé sur le réseau d’alerte européen RASFF qui permet aux Etats membres de l’UE d’échanger des informations détaillées.

Camille Dorioz, directeur des campagnes chez foodwatch, réagit vivement : « A nouveau, nous avons affaire à une grande entreprise, Nestlé, qui semble avoir commercialisé des produits qui ont exposé des bébés à un risque pour leur santé potentiellement pendant des semaines, depuis octobre en France, avant de lancer le rappel. Qu’est-ce qui a été fait proactivement pour informer les parents ? Le communiqué de Nestlé est très vague sur sa responsabilité et l’ampleur de l’affaire. Dans certains pays, Nestlé se contente d’évoquer une « déviation microbiologique » sans autre précision. Il n’y a pas d’information disponible sur les réseaux sociaux de la marque, comme si le groupe ne voulait pas ébruiter la nouvelle. Il est inacceptable de constater que ces produits ont été vendus dans plusieurs pays d’Europe et d’imaginer encore une fois que la multinationale pourrait s’en sortir en toute impunité sans avoir à assumer la moindre conséquence. Comment est-ce possible ? ».

En novembre dernier déjà, Nestlé avait rappelé en Belgique et au Luxembourg du lait en poudre pour bébés NAN EXPERT PRO sans lactose, en raison de la possible présence de Cronobacter spp.

En France, le 18 avril 2025, huit gammes de plats complets pour bébés Nestlé ont été rappelés pour un dépassement de limite réglementaire sur de l'ochratoxine A mais là aussi, les produits étaient en vente depuis... le 18 septembre 2024, soit sept mois avant la publication du rappel.
foodwatch appelle à un renforcement des contrôles de la part des autorités, de campagnes d’information massive et des sanctions exemplaires.

Sources