Cadmium : « Le gouvernement revient à la raison et suit les recommandations de l’ANSES, une victoire pour la santé publique » commente foodwatch
Paris, 2 octobre 2026. C’est une vraie victoire citoyenne et pour la santé publique. Le gouvernement vient d’annoncer une réduction drastique du cadmium dans les fertilisants, ce métal toxique et cancérigène avéré, présent dans les sols et, surtout, dans l’alimentation.
Après des années d’alertes scientifiques et des mois de mobilisation, le gouvernement revient à la raison et suit les recommandations émises par l’ANSES. Il était temps.
Depuis 2019, l’Anses recommande d’agir à la source de la contamination des sols et des cultures en limitant la présence de cadmium à 20 mg par kg d’engrais. Malgré une norme européenne à 60 mg de cadmium par kg d’engrais, la France continuait à autoriser l’usage de 90 mg de cadmium par kg d’engrais, c’est-à-dire 1,5 fois plus. Rappelé à l’ordre en début d’année par l’ANSES, qui pointait une surexposition de la population française et en particulier des enfants, le ministère de l’Agriculture s’était trouvé contraint d’agir.
Avec ce décret, le gouvernement abandonne enfin la trajectoire de réduction trop lente qu’il proposait encore au printemps, et annonce vouloir atteindre le seuil de 20 mg par kg d’engrais recommandé par l’Anses en 2030. A compter du 1er janvier 2027, la teneur maximale en cadmium des engrais phosphatés sera alignée avec le seuil que prévoit la règlementation européenne.
Pour foodwatch, ce changement de cap est indispensable : c’est 8 années qui ont été gagnées par rapport à la proposition inacceptable que le gouvernement envisageait en mai dernier. Cette fois, les alertes des scientifiques et des médecins sont véritablement prises au sérieux. Ce décret fait suite à la loi adoptée à l’Assemblée nationale le 3 juin 2026. Il restera à transformer l’essai par un vote définitif de la loi au Sénat pour inscrire cette mesure dans le marbre.
« Pendant trop longtemps, les intérêts économiques ont primé sur les alertes de santé publique. Aujourd’hui, c’est la santé et la mobilisation de dizaines de milliers de citoyens et citoyennes qui l’emportent. La contamination de notre alimentation ne réduira pas du jour au lendemain : le cadmium s’est accumulé dans les sols pendant des décennies et il faudra du temps pour voir baisser la contamination dans nos sols et notre alimentation. Maintenant que le robinet est coupé à la source, il faut s’attaquer à mettre en place des politiques de réduction ambitieuses dans notre alimentation. » Camille Dorioz, Directeur des campagnes
Sources
- Pétition foodwatch “Contamination au cadmium : agissons à la source de cette bombe sanitaire !”, 34 000 signatures
- « Le Gouvernement engage une trajectoire de réduction des teneurs en cadmium dans les matières fertilisantes et structure la réduction des contaminants dans les fertilisants par l’établissement de teneurs et limites pour leur apport sur les sols agricoles », communiqué de presse, ministère de la Transition écologique, 2 octobre 2026
Contact
foodwatch France
Camille Dorioz, directeur des campagnes - 07 72 50 80 24
camille.dorioz@foodwatch.fr