Communiqués de presse 22.09.2026

« Derrière les aliments ‘protéinés’, beaucoup d’ultra-transformation », prévient foodwatch

Les aliments protéinés ont le vent en poupe et leurs parts de linéaires en supermarchés ne cessent de croître. Mais derrière le marketing de ces produits affublés d’allégations nutritionnelles, beaucoup sont ultra-transformés : Alpro et Hipro (Danone), céréales Lion (Nestlé), Andros, Lactel (Lactalis), Wasa (Barilla), Starbucks, Nature Valley (General Mills), Carrefour Sensation, Marque Repère (E. Leclerc). foodwatch lève le voile sur ce buzz marketing qui n’est pas aussi bon pour la santé qu’on le croit et qui nous coûte plus cher. Double peine, dénonce foodwatch.

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Paris, le 22 septembre 2026. Les parts de linéaires consacrées aux aliments « protéinés » s’étendent au fil du temps dans nos supermarchés. Presque tous les rayons sont concernés. De nombreuses marques ont sorti leur gamme de produits protéinés. Séduits par l’étiquetage affichant fièrement “riche en protéines”, “protein” ou encore “high protein”, les consommateurs pensent peut-être acheter un produit qui va faire du bien à leur santé voire booster leurs capacités physiques. foodwatch a mené l’enquête sur la réalité de ce buzz et le constat est sans appel : trop souvent, ces produits protéinés ont tous les atours de la malbouffe.

Les 10 produits repérés par foodwatch en supermarchés sont ultra-transformés au sens de la classification NOVA - or on sait désormais qu’une consommation importante de produits ultra-transformés impacte négativement notre santé. Ils contiennent, certes, des protéines mais aussi des marqueurs d’ultra-transformation. Ainsi, on y retrouve notamment des amidons modifiés, de la gomme gellane, du sirop de glucose. Par ailleurs, les listes à rallonge des produits ultra-transformés présentent parfois des additifs controversés pour la santé tels que des carraghénanes ou des édulcorants intenses comme l’acésulfame-K.

« Derrière leurs promesses nutritionnelles, les 10 produits ‘protéinés’ que nous épinglons sont en réalité tous ultra-transformés. Certains sont bourrés d’additifs controversés pour la santé, d’autres sont carrément des bombes de sucres. On le voit en supermarché : de nombreuses marques ont flairé le bon filon pour gonfler les prix, parfois de manière indécente. C’est la double peine pour notre santé et notre porte-monnaie », commente Léa Redon, chargée de campagnes chez foodwatch.

foodwatch rappelle que les produits ultra-transformés ont un impact négatif sur notre santé : The Lancet et l’Inserm ont confirmé le lien ​préoccupant ​entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de nombreuses pathologies telles que l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, certaines maladies rénales ou encore certains cancers. D’autres études suggèrent aussi un lien avec des troubles de la santé mentale, comme les symptômes dépressifs.

Voici les 10 produits ‘protéinés’ en réalité ultra-transformés, repérés par foodwatch en supermarché :

  1. Nature Valley (General Mills) - barres Protein chocolat & cranberries : 25,6 grammes de protéines / 100 grammes, 18,44 euros le kilo chez Carrefour. La liste kilométrique des ingrédients de ces barres de céréales renseigne sur son degré d’ultra-transformation : protéine isolée de soja, oligofructose, sirop de glucose, fructose, maltodextrine, émulsifiant (lécithines de soja) ou encore humectant (glycérol). Ces barres sont très sucrées (20.5g/100g) : trois barres suffiraient à dépasser les recommandations de l’OMS en apport quotidien de sucres libres. A cela s’ajoute de l’huile de palme, connue pour sa teneur élevée en acides gras saturés, qui contribuent à augmenter le cholestérol et les risques cardio-vasculaires.
     
  2. Carrefour Sensation - Salade penne complètes, poulet rôti, emmental, amandes High Protein : 10 grammes de protéines pour 100 grammes, 15,8 euros le kilo chez Carrefour. Cette salade contient notamment du dextrose et de l’amidon modifié de pomme de terre, ce qui en fait un produit ultra-transformé. Également dans la liste des ingrédients : du disulfite de potassium, un additif associé à un risque accru de cancer et diabète de type 2.
     
  3. Hipro (Danone) - boisson Hipro saveur Myrtille : 8,3 grammes de protéines pour 100ml, 7,5 euros le litre chez Carrefour. La boisson Hipro saveur myrtille (Danone) contient de nombreux marqueurs d’ultra-transformation comme des protéines de lait, des épaississants (amidon modifié de maïs, pectine de fruits) ainsi que des édulcorants intenses (acésulfame-K, sucralose). Autant d’additifs que l’on ne souhaite pas trouver dans un produit qui affiche fièrement une photo de Carloz Alcaraz, un grand joueur de tennis et « 25g de protéines ».
     
  4. Nestlé - céréales Lion Protein : 15 grammes de protéines pour 100 grammes, 8,15 euros le kilo chez Super U. En ajoutant du gluten de blé - un marqueur d’ultra-transformation - à sa version classique, Nestlé augmente les apports en protéines de ses céréales Lion. Même protéinées, ces céréales Lion restent un aliment ultra-transformé et trop sucré (23g/100 grammes).
     
  5. Andros Sport – gourde Whey & fruits tropical : 8,4 grammes de protéines pour 100 grammes, 24,92 euros le kilo chez Franprix. Les gourdes Andros Sport Whey & fruits, c’est notamment : des protéines de lait et des pectines de fruits, donc un aliment ultra-transformé. Ces gourdes contiennent en plus un édulcorant intense controversé pour la santé : des glycosides de stéviol issus de Stevia.
     
  6. Lactel (Lactalis) - lait protéines Chocolat : 6 grammes de protéines pour 100 ml, 5,48 euros le litre chez Carrefour. Ces boissons lactées protéinées saveur chocolat de la marque Lactel contiennent certes 6g de protéines pour 100 ml, mais surtout 9,1g de sucres, soit autant que dans un Orangina. Elles sont également composées de gomme gellane, employée comme gélifiant, ce qui en fait une boisson ultra-transformée.
     
  7. Wasa (Barilla) - Wasa protein+ : 20 grammes de protéines pour 100 grammes, 13,95 euros le kilo chez Carrefour. Wasa fait grimper le grammage de protéines de ses tartines en y ajoutant du gluten. Or, ajouter du gluten isolé signifie également passer d’un produit simple à un aliment ultra-transformé. Le prix passe du simple au double entre la version « léger » à 7 euros le kilo et 13,95 euros le kilo pour cette version protéinée.
     
  8. Starbucks - Chocolate Mocha Protein drink : 6,3 grammes de protéines pour 100 ml, 3,36 euros le litre chez Carrefour. Cette boisson Starbucks vendue en supermarché contient des protéines de lait, de la gomme gellane et des carraghénanes, qui sont des marqueurs d’ultra-transformation. Les carraghénanes (émulsifiant) ainsi que de l’acésulfame-K, un édulcorant, sont visés par de nombreuses études pour leurs effets controversés sur la santé.
     
  9. Alpro (Danone) - boisson Protéines Soja : 5 grammes de protéines pour 100ml, 1,99 euros le litre chez Carrefour. Cette boisson végétale au soja semble assez simple de prime abord. Elle comporte la mention “riche en protéines” en grand mais contient un additif controversé pour la santé : des phosphates de potassium, et un marqueur d’ultra-transformation : la gomme gellane.
     
  10. Marque repère (E. Leclerc) - yaourt protéiné myrtille délisse SPORT : 9,2 grammes de protéines pour 100 grammes, 5,52 euros le kilo chez E. Leclerc. Marque Repère de E. Leclerc joue à fond la carte des protéines pour sportifs. Les pots de yaourt contiennent un épaississant marqueur d’ultra-transformation (pectines de fruits) ainsi que deux édulcorants intenses (acésulfame-K et sucralose) controversés pour la santé

D’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), les apports en protéines sont actuellement suffisants au sein de la population générale en France, voire supérieurs : la moyenne est de 1,4g/kg corporel journalier alors que l’Anses recommande un apport quotidien de protéines de 0,83 à 1 gramme par kilogramme de poids corporel (soit 10 à 20% de l’apport énergétique total).

Face aux allégations nutritionnelles qui détournent l’attention de la réelle composition des produits et face au marketing débridé des industriels autour des protéines, foodwatch demande un étiquetage obligatoire de l’ultra-transformation des produits en face avant des emballages, conjoint au Nutri-Score.

Près de 180 000 personnes ont déjà signé la pétition portée par foodwatch, Yuka et France Assos Santé pour demander des mesures concrètes afin de réguler les aliments ultra-transformés.