Accord de libre-échange UE JAPON : la fuite en avant se poursuit et met à mal la démocratie en Europe, prévient foodwatch

05/07/2018 | 4 liens RETOUR

Les Etats-membres, réunis en Conseil de l’Union européenne le 6 juillet 2018, s’apprêtent à adopter le JEFTA, accord de partenariat économique entre l’Union européenne (UE) et le Japon. Pourtant, les sonnettes d’alarme n’ont pas manqué sur les risques de ce type d’accord de libre-échange, qui considèrent à peu près tout comme des barrières au commerce à supprimer ou à contourner : risques pour la protection des droits sociaux, des consommateurs et de l’environnement, l’agriculture et l’alimentation (normes sur les pesticides, OGM, etc.). Même la Commission Schubert, mandatée par le gouvernement en 2017 avait confirmé des risques importants sur « l’impact du CETA sur l’environnement, le climat et la santé ». 

Le rouleau-compresseur des accords bilatéraux continue à tout écraser sur son chemin, en dépit des promesses d’E. Macron qui s’était pourtant engagé à plus de transparence, au respect du principe de précaution et à une meilleure protection des droits et de l’environnement. En lieu et place d’une Europe qui protège, on subit un véritable recul démocratique. Les parlementaires nationaux n’auront d’ailleurs pas leur mot à dire pour ratifier – ou pas – cet accord. En effet, les négociateurs ont trouvé une parade pour éviter de devoir soumettre le texte du JEFTA aux élus nationaux, et ainsi expédier son adoption au Conseil de l’Union et au Parlement européen : ils ont retiré de l’accord la question des tribunaux d’arbitrage pour les investisseurs, question controversée et réputée de compétence nationale. 

« Cette forme de libre-échange forcené et négocié sans débat démocratique fait le lit des populismes en Europe. C’est irresponsable ! Les promesses non tenues d’E. Macron nourrissent la tendance au repli sur soi. Pour éviter cette menace, nous avons besoin plus que jamais d’une Europe démocratique et d’une politique commerciale qui n’écrase pas du pied les droits des citoyens et la protection de la planète », s’insurge Karine Jacquemart, directrice générale de foodwatch France.  

La France va-t-elle laisser faire ? Pour foodwatch, ces accords sont antidémocratiques et inacceptables. L’Union européenne doit réformer en profondeur sa politique commerciale, et la France doit en faire un objectif prioritaire. Dans une Europe de plus en plus remise en question par ses propres citoyens, il y a urgence.

 
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