Des scandales alimentaires à répétition si la Commission européenne ne renforce pas la législation européenne, prévient foodwatch

10/07/2018 RETOUR

L'organisation européenne de consommateurs foodwatch a appelé lors d'une conférence de presse à Bruxelles ce mardi à un sérieux renforcement de la législation alimentaire de l'Union européenne – connue sous le nom de règlement (CE) 178/2002 – afin de mieux protéger les citoyens des scandales alimentaires. La Commission européenne propose d’amender cette législation. Mais pour foodwatch, la proposition de la Commission est bien en deçà des enjeux. L’organisation experte des questions d’alimentation et de la législation européenne a formulé huit recommandations concrètes présentées aujourd’hui.

« Qu'il s'agisse du fipronil dans les œufs, du lait pour bébés Lactalis contaminé à la salmonelle ou de la viande de cheval dans les lasagnes au bœuf, les scandales récurrents démontrent les failles de la législation alimentaire de l'UE. Des aliments peu sûrs ont été vendus des millions de fois à des consommateurs qui ne se sont pas méfiés. Ni l'industrie ni les autorités n'ont été en mesure d’assurer la traçabilité des produits concernés. Et, même lorsqu'ils connaissaient les noms des produits frauduleux ou potentiellement dangereux et avaient identifié leurs fabricants, ils n'ont pas toujours informé immédiatement les citoyens. Il est urgent que cela change », a déclaré Thilo Bode, directeur de foodwatch International. Thilo Bode a souligné qu'il ne suffit pas d'améliorer uniquement l'évaluation des risques des substances dangereuses (par exemple dans l'autorisation des désherbants), comme le prévoit la Commission européenne. « Il est grand temps pour l'UE de faire respecter la législation alimentaire et de remédier à ses lacunes. Sinon, le prochain scandale alimentaire n'est qu'une question de temps ». 

En théorie, la législation alimentaire de l’Union européenne – le règlement (CE) 178/2002 – offre aux consommateurs un niveau élevé de protection dans le domaine de l’alimentation. En théorie seulement. Dans les faits, la traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire par exemple n'est pas assurée de manière efficace. En outre, les autorités ne sont toujours pas tenues d'informer assez rapidement ni complètement les consommateurs sur les risques pour la santé posés par les denrées alimentaires. Dans les cas de fraude ou de tromperie, le droit communautaire n'impose même pas d’obligation aux autorités d'informer le public. Cela doit changer : la législation alimentaire de l'UE devrait aussi stipuler clairement que les autorités doivent informer le public rapidement et de manière exhaustive – en divulguant les noms des fabricants et des produits, tant en cas de risques pour la santé qu'en cas de fraude.

De plus, afin de garantir la mise en œuvre effective des dispositions de la législation alimentaire, l'UE doit accorder aux associations de consommateurs des droits d'action collectifs, à l'instar de ce qui est prévu dans la législation de l'UE pour les organisations environnementales. 

foodwatch a présenté huit demandes spécifiques car : « L’Union européenne n'a pas réussi à protéger 500 millions de consommateurs en Europe contre les risques pour la santé et la tromperie sur le marché alimentaire ces dernières années. Pire encore, l'Union européenne ne fait rien pour améliorer la situation, mais continue à servir les intérêts des grandes entreprises alimentaires », a insisté Thilo Bode. 

Sources et informations complémentaires : 

- Analyse de la législation alimentaire européenne : La législation de l'UE ne protège pas les consommateurs des scandales alimentaires – 8 propositions de foodwatch pour que cela change

- Le règlement général européen sur l’alimentation (règlement (CE) 178/2002) a été adopté en réponse à la crise de l'ESB ("maladie de la vache folle"). Il doit maintenant être révisé dans le cadre du "processus REFIT" (Regulatory Fitness and Performance Programme) de la Commission européenne. En avril 2018, la Commission européenne a présenté une proposition de réforme visant à améliorer l'évaluation des risques.

- foodwatch est une organisation à but non lucratif qui se bat pour une alimentation sans risques, saine et abordable pour tous et toutes. Nous faisons entendre la voix des consommateurs∙rices, nous militons pour plus de transparence dans le secteur alimentaire, et défendons notre droit à une alimentation qui ne porte atteinte ni aux personnes, ni à l’environnement. En savoir plus : https://www.foodwatch.org/fr/qui-sommes-nous/qui-est-foodwatch/

 

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