LU : créateur de pub ciblant les enfants depuis trop longtemps

12/04/2018 | 6 liens RETOUR

LULU L’Ourson est épinglé par foodwatch avec une nouvelle pétition. Derrière ses airs tout mignons, ce gâteau LU est une redoutable arme de marketing qui cible les enfants, comme le prouvent les images rassemblées dans une vidéo par l’ONG : fêtes d’anniversaire avec ourson géant, publicités à l’univers douillet, emballages aguicheurs. Pourtant, le groupe Mondelez - qui commercialise les produits LU – nie s’adresser aux enfants de moins de 12 ans. En France où un enfant sur six est en surpoids ou obèse et risque de le rester à l’âge adulte, il est devenu urgent de réglementer la publicité ciblant les enfants sur tous les supports. C’est exactement ce que prévoit la Stratégie nationale de santé et ce que recommande l’Organisation mondiale de la Santé depuis des années. Alors que le projet de loi qui fait suite aux Etats généraux de l’alimentation est actuellement débattu à l’Assemblée nationale, les responsables politiques doivent faire preuve de courage pour protéger la santé de nos enfants.

Le groupe Mondelez – qui détient LU et une cinquantaine d’autres marques – n’hésite pas à recourir à un marketing tapageur pour vendre ses produits, dont certains sont majoritairement composés de sucre. Le problème, pour foodwatch, est que LU a choisi une cible bien particulière : les enfants. En France, où un enfant sur six est en surpoids ou obèse et risque de le rester à l’âge adulte, les prendre pour cible marketing est de moins en moins acceptable. foodwatch lance donc une nouvelle action de mobilisation en ligne pour interpeller directement le directeur de Mondelez en France. 

La gamme LULU L’Ourson qui comporte l’ours-gâteau, les barquettes et les coquelines, se présente comme la « complice du goûter des enfants » et met en scène un petit ourson vêtu de bleu. On retrouve l’ourson sur tous les supports de communication ciblant les enfants : pubs TV, emballages, fêtes d’anniversaires avec l’ours géant, etc. Pourtant, dans ses échanges avec foodwatch, Mondelez prétend ne pas cibler les enfants de moins de 12 ans.

« Il est évident que Mondelez cible les enfants. L’entreprise doit arrêter de prétendre le contraire, assène Mégane Ghorbani, responsable de campagnes chez foodwatch France. Mondelez a signé une charte où elle s’engage à ne pas communiquer auprès des moins de 12 ans. Mais les engagements d’autorégulation des multinationales, à travers ce type de démarche non-contraignante et volontaire, ne se traduisent pas dans les faits. L’industrie agroalimentaire a bel et bien une responsabilité dans l’épidémie de maladies chroniques comme le surpoids, le diabète ou l’obésité. Il devient donc urgent d’encadrer la publicité ciblant les enfants sur tous les supports ». 

En France, la Stratégie nationale de santé 2018-2022 prévoit de limiter l’influence de la publicité et du marketing alimentaire sur les enfants pour « des aliments peu favorables au plan nutritionnel ». Pour le Haut conseil de la santé publique, dont les experts se sont penchés sur cette question, le marketing visant les enfants va bien au-delà de la télévision ; il englobe aussi les réseaux sociaux, le placement de produits, les applications ludiques, le sponsoring d’événements, les jeux, le recours à des personnages plébiscités par les enfants, etc. L’Organisation mondiale de la Santé – alertée par l’épidémie de surpoids et d’obésité dans le monde – recommande également depuis des années de réglementer la publicité. Pour l’OMS, aucune activité de marketing ciblant les enfants ne devrait être permise pour les gâteaux, biscuits sucrés et pâtisseries. 

Alors qu’est actuellement débattu le projet de loi qui fait suite aux Etats généraux de l’alimentation, foodwatch appelle les responsables politiques à faire preuve de courage pour protéger la santé de nos enfants. « Le cas flagrant de la multinationale Mondelez – loin d’être le seul – qui ne respecte pas la charte qu’elle a pourtant signée et censée limiter le marketing envers les enfants, plaide pour une urgente décision des autorités publiques. », conclut Mégane Ghorbani.  

 
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