Du progrès dans nos coquetiers, mais ce n’est pas terminé

13/04/2017

Du changement dans la filière œufs : plus de transparence et des consommateurs plus attentifs à la provenance de leurs œufs. Les conditions d’élevage (en cage, en plein air) sont devenues un critère de choix pour beaucoup. Le code allant de 0 à 3 nous donne une information précise. Toutefois l’opacité subsiste en ce qui concerne les œufs contenus dans des produits transformés. Et il est toujours impossible pour le consommateur de savoir si les œufs qu’il achète proviennent de poules nourries aux OGM. 

La règlementation européenne sur l’étiquetage des œufs oblige les producteurs à indiquer les conditions d’élevage de leurs poules sur les coquilles. Ceci par le biais d’une numérotation de 0 à 3, où chaque chiffre fait référence à un type d’élevage. Le 0 correspondant aux œufs bio, le 1 pour les poules élevées en plein air, le 2 pour un élevage « au sol », et enfin le 3 pour celles élevées en cage. La récente médiatisation des pratiques d’élevage a suscité une véritable prise de conscience, et l’indignation de nombreux consommateurs. Leurs habitudes ont changé, et la part de marché des œufs de plein air a grimpé ces dernières années. Les œufs dits « standard », provenant d’élevages en cages, représentaient 68% de la production française en 2015 contre 90% en 2009 selon les chiffres de la filière avicole. 

Dès lors, beaucoup de distributeurs ont dû s’adapter en favorisant des méthodes de production plus favorables au bien-être animal. Monoprix, Aldi, Système U, Carrefour ou encore Intermarché comptent mettre un terme à la commercialisation d’œufs provenant d’élevages en cages. Si l’engagement a déjà pris effet chez Monoprix, il faudra attendre l’année 2020 voire 2025, pour une disparition totale de ces œufs dans les rayons de ces supermarchés. Du côté des producteurs la transition est plus compliquée, mais certains s’engagent à diminuer la part des poules élevées en cages de leurs exploitations. 

C’est un bilan plutôt positif pour la filière œufs, mais la transparence est loin d’être totale. Des efforts sont encore nécessaires, particulièrement sur des aspects chers aux consommateurs comme les OGM et l’origine des œufs dans les produits transformés.

Les poules nourries aux OGM ?

L’opacité perdure sur les organismes génétiquement modifiés : les fabricants ne sont toujours pas obligés d'informer le consommateur lorsque leurs œufs sont issus de poules nourries aux OGM. Il en est de même pour de nombreux produits d’origine animale, comme le lait ou la viande. C’est d’autant plus scandaleux que la majorité des Européens est opposée à l’usage d’OGM dans l’agriculture. Ce manque d’informations est un frein au libre choix des consommateurs.

Les œufs des produits transformés : un vrai manque d’informations

D’où proviennent les œufs de la mayonnaise en bocal, du quatre-quarts ou de nos viennoiseries ? Les industriels n’ont aucune obligation d’indiquer sur les étiquetages de produits transformés les conditions d’élevage des poules dont ils utilisent les œufs. Pourtant, il est évident que les consommateurs veulent savoir, comme le prouve les évolutions dans leurs achats d’œufs. Il est anormal que l’amélioration de la transparence ne concerne pas les produits transformés. L’association L214 avait déjà fait ce constat, et avait notamment épinglé Michel et Augustin qui utilisait des œufs de batterie dans leur mousse au chocolat ; celle-ci contient désormais des œufs de plein air. D’autres marques ont également fait évoluer leurs pratiques comme Saint-Michel, Lesieur ou encore Amora qui n’utilisent plus d’œufs issus de poules élevées en cage. Ceci est encore loin d’être la norme et reste une pratique volontaire.

Il faut toutefois noter que ce mouvement a été amorcé suite à la pression des consommateurs. Cela ne signifie pas pour autant que ces marques sont par ailleurs irréprochables sur l’étiquetage ou la composition de leurs produits. 

Beaucoup de marques utilisent encore des œufs de batterie dans leurs produits sans que personne ne le sache. Nous avons repéré plusieurs produits pour lesquels il est encore impossible de connaître le type d’œufs utilisés : par exemple la mayonnaise fine Maille, les cookies noisettes Bonne Maman ou encore les Panzani Qualité Pâte Fraîche. Cette information devrait être obligatoire aussi sur les étiquetages des produits transformés. 

foodwatch continue de militer pour la transparence. La filière connaît des évolutions positives, mais la réglementation laisse encore trop de place à l’opacité. Il faut que cela cesse. Les consommateurs ont le droit de savoir. 

Dernière modification le 13/04/2017
 
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