800 kilos de viande avariée polonaise retrouvés en France : en avons-nous mangé ? Nous avons le droit de savoir !

04/02/2019

Au moins 2,7 tonnes de viande impropre à la consommation (issue de bêtes malades) ont été exportées par la Pologne vers une quinzaine de pays européens. Le ministère de l'Agriculture français annonçait vendredi 1er février avoir retrouvé près de 800 kilos de cette viande avariée dans neuf entreprises françaises. Mais lesquelles ? En avons-nous mangé ? foodwatch réclame ces informations aux autorités sans tarder. Nous avons le droit de savoir.

>> Réaction de Karine Jaquemart, directrice de foodwatch France, dans l'émission L'info Du Vrai | voir l'interview [à partir de 11']

Ce nouveau scandale sanitaire montre une fois de plus que la prévention et la traçabilité des circuits alimentaires sont insuffisants dans les pays européens, alors même que la réglementation en fait une obligation. De la viande avariée de Pologne aurait été retrouvée dans 9 entreprises françaises ?  foodwatch a écrit au ministère de l’Agriculture pour réclamer la totale transparence : quels sont les fabricants, les marques qui ont commercialisé cette viande depuis novembre 2018 ? Quels contrôles avaient été effectués ? Quelles failles ? Quelles mesures sont prises ? 

Le journaliste qui a révélé l’affaire s’était fait engager dans l’abattoir polonais en novembre 2018. Sur les images qu’il a diffusées, des bêtes malades sont abattues et découpées puis envoyées dans le circuit « normal » de la chaîne alimentaire, sans l’inspection vétérinaire nécessaire. foodwatch a donc demandé des garanties aux autorités françaises : quels sont les éléments qui permettent d’écarter tout risque pour la santé des consommateurs ? Aujourd’hui, nous n’en savons rien.

Mais ce n’est pas tout : nous avons également exigé des réponses concernant les mesures prises dans les neuf entreprises concernées, avant et pendant la crise. Si des dysfonctionnements ont été identifiés (par exemple sur les auto-contrôles, ou la traçabilité depuis la Pologne), nous voulons savoir si des mesures correctives ont été prises pour protéger les consommateurs.

Selon le ministère de l’Agriculture, 500 kilos de cette viande avariée ont été bloqués et seront détruits. En outre, 145 kilos ont été identifiés dans des lots de viande commercialisés en France par des grossistes, boucheries ou restaurants. Seule une partie a pu être retirée du marché. Toujours selon le ministère, 150 autres kilos ont été vendus en boucherie. Lesquelles ? Où ? Mystère.

Opacité et impunité face aux scandales alimentaires, ça suffit !

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Exigeons des autorités en charge de renforcer la traçabilité, les contrôles, les sanctions et, surtout, la transparence des informations pour tout ce qui concerne notre alimentation.  En savoir plus

Alors que le procès Spanghero de la viande de cheval est en cours à Paris, foodwatch rappelait mi-janvier que les conditions semblent malheureusement réunies pour que de tels scandales puissent se reproduire. 

Il devient urgent de briser le cercle infernal qui permet aux scandales alimentaires de s’enchaîner avec un schéma quasi immuable : opacité pour les consommateurs, manque de traçabilité et sous-effectifs criants au sein des organes de contrôle. Six ans après le scandale de la viande de cheval qui a ébranlé l’Europe, foodwatch rappelle l’urgence de mieux protéger les consommateurs et consommatrices.  

L'alerte sanitaire à propos de la viande polonaise concernait d’abord 13 pays de l'Union européenne et touche désormais 15 pays

Dernière modification le 04/02/2019
 
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