CETA : le Parlement européen a voté pour un traité anti-démocratique

15/02/2017

Le CETA, accord commercial entre le Canada et l'Europe, a été soumis au vote du Parlement européen ce 15 février 2017. Les parlementaires ont donné leur feu vert pour un traité anti-démocratique.

foodwatch et de nombreuses organisations citoyennes manifestaient aujourd’hui devant le Parlement européen pour appeler les députés à rejeter le CETA mais les députés européens ont voté en faveur d’un traité toxique pour les citoyens et les consommateurs puisqu’il :

  • remet en cause l’autonomie de l’Union européenne et de ses membres en donnant des pouvoirs démesurés aux multinationales ;
  • menace le principe de précaution européen qui a permet de prendre des mesures visant à protéger les citoyens face à des risques potentiels, particulièrement dans le domaine de l’alimentation ;
  • introduit un système de justice parallèle dangereux, dans lequel les investisseurs auront des droits mais pas d’obligations.

Le CETA, cousin canadien du traité Europe-Etats-Unis TAFTA présente exactement les mêmes dangers : déni de démocratie, remise en cause des normes existantes, promesse d’un nivellement par le bas, justice d’exception pour les multinationales.

Comme si cela n’était pas suffisamment alarmant, le CETA est également incompatible avec la Constitution française, comme le révèle une analyse réalisée par d’éminents experts et rendue publique cette semaine par foodwatch, en collaboration avec l’Institut Veblen et la Fondation Nicolas Hulot.

Et maintenant ? Il est prévu que le CETA soit appliqué de façon dite « provisoire », avant même que les Parlements des Etats membres soient consultés et puissent valider ou rejeter cet accord. Compte tenu des enjeux de cet accord et de ses implications sur nos vies quotidiennes, cette mise en application provisoire est inacceptable.

Députés et sénateurs français risquent de se retrouver pieds et poings liés lorsqu’ils voudront adopter de nouvelles règles plus protectrices, notamment en matière d’alimentation. Une partie de leur pouvoir sera ainsi confisqué, au profit des lobbies.

foodwatch appelle les élus français à rejeter cet accord. Car une fois le CETA mis en œuvre, il deviendra quasiment impossible de revenir en arrière.

foodwatch France fait partie du Collectif StopTAFTA/CETA qui regroupe 80 organisations de la société civile. Pour lire la déclaration commune du Collectif, cliquez ici.

  • 01/01/1970

    foodwatch à Strasbourg pour dire non au CETA

    Diaporama (9 photos)
    • Manifestation devant le Parlement européen en amont du vote du CETA
    • Plusieurs bus ont fait le déplacement depuis l'Espagne, la France, la Belgique...
    • Des centaines d'activistes étaient présents à Strasbourg pour porter la voix des 3,3 millions d'Européens qui ont signé la pétition contre CETA et TAFTA
    • Des militants belges se sont allongés devant l'entrée du Parlement européen à l'arrivée des eurodéputés, comme symbole de la démocratie "piétinée"
    • Quelques-unes des 3,3 millions de signatures contre CETA et TAFTA
    • Manifestation devant le Parlement européen en amont du vote du CETA
    • Une affiche fait référence avec humour à l'ICS, justice parallèle réservée aux investisseurs étrangers
    • foodwatch manifeste devant le Parlement européen en amont du vote du CETA
    • Devant le Parlement européen
Dernière modification le 15/02/2017
 
"Le mensonge du libre-échange" de Thilo Bode

CETA et TAFTA ne sont pas de simples accords de libre-échange. Le livre de Thilo Bode, fondateur de foodwatch, démontre comment ils menacent nos normes et notre démocratie.

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