Un cheval dans mon frigo

Horse in a fridge

Le problème : une fraude à l’échelle européenne

Début 2013, éclate le scandale dit « de la viande de cheval ». Cette fraude commise à l'échelle européenne a consisté à modifier l’étiquetage de lots de viande de cheval afin de les faire passer pour de la viande de bœuf, bien plus onéreuse. L’ancienne entreprise française d’élaboration de produits alimentaires Spanghero est montrée du doigt comme l’une des principales responsables de la tromperie. En France, cette viande s’est notamment retrouvée dans des lasagnes surgelées commercialisées par l’entreprise Findus. Des contrôles effectués à l’échelle européenne ont montré que des lots de lasagnes frauduleusement étiquetés ont également été retrouvés en Allemagne, en Autriche, en Norvège, en Suède, au Royaume-Uni et en Suisse.

La situation actuelle : les distributeurs ne sont pas responsables de ce qu’ils vendent

Cette affaire a révélé l’incroyable circuit de la viande : abattue en Roumanie, vendue par un trader des Pays-Bas, transformée par deux entreprises françaises puis commercialisée sous différentes marques… Autant d’étapes qui complexifient les contrôles et la transparence sur la traçabilité.

Ce scandale a surtout montré que les supermarchés avaient pu vendre des aliments transformés et vendus sous la marque de distributeurs… sans être inquiétés. Les consommateurs n’ont reçu aucune garantie sur la traçabilité des ingrédients de ces produits vendus sous des marques de distributeurs. Les grandes enseignes n’ont pas été tenues de communiquer les résultats de leurs contrôles, si contrôles il y a eu. Nous, consommateurs, n’avons pas su quels produits pouvaient potentiellement contenir de la viande de cheval. Les distributeurs ont ainsi pu échapper complètement à leurs responsabilités et, pire, se poser en « victimes ». Inacceptable.

On sait que la loi sur la Consommation de Benoît Hamon - adoptée début 2014 - entend notamment « rééquilibrer les pouvoirs entre consommateurs et professionnels ». Elle va alourdir les sanctions pour fraude économique. Les amendes pourront atteindre jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de l'entreprise ; le montant de l'amende pour les personnes physiques sera multiplié par 10, passant de 37 500 à 300 000 euros. Enfin les juges pourront interdire aux contrevenants toute activité commerciale. Ces mesures vont dans le bon sens, mais restent insuffisantes.

Car aucun consommateur n’a su en temps et en heure, ni avec précision, quels plats préparés contenaient secrètement de la viande de cheval. Aucun des grands groupes de distribution n'a été traduit devant la justice pour avoir mis en circulation des marchandises non conformes à leur étiquetage. Si une nouvelle affaire de ce type éclatait demain, le constat serait exactement même.

Les revendications de foodwatch

Il faut que les contrôles de qualité soient formulés en détail par la loi et que les distributeurs et les différents intervenants de la chaîne de fabrication d’un produit alimentaire en soient juridiquement responsables. Les marques et enseignes verront alors un intérêt économique à contrôler la qualité de leurs produits et à veiller à ce que leurs sous-traitants travaillent selon les règles de l'art. A ce titre, la responsabilité des enseignes doit aussi pouvoir être engagée pour leurs marques distributeurs. Les groupes de distribution qui apposent leur marque sur un produit doivent pouvoir être sanctionnés financièrement s’ils pèchent par négligence ou manquent à leurs obligations.

foodwatch exige aussi qu’une loi oblige les autorités à publier immédiatement les informations dont elles disposent en cas de tromperie sur des denrées alimentaires. C’est le seul moyen d’avertir les consommateurs avant qu’ils n'achètent ou ne consomment des produits à l’étiquetage trompeur.

Dernière modification le 14/01/2014
 
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