Actualités 30.10.2025

Pouvoir d’achat : 100 produits alimentaires du quotidien, bons pour la santé, à prix coûtant, c’est possible !

foodwatch, Familles rurales et le Secours Catholique ont mis sur la table une mesure urgente et concrète pour contribuer à une alimentation saine, durable, choisie et abordable pour toutes et tous : une liste de 100 produits alimentaires prioritaires, bons pour la santé et vendus à prix coûtant dans les supermarchés, qui y sont obligés légalement. Manger sainement, comme le recommandent les autorités de santé, est devenu un luxe pour de plus en plus de personnes. C’est pour mettre fin à cette injustice que nos associations lancent un appel commun et interpellent le Ministre de l’Economie et de la Consommation dans une pétition, avec un objectif clair : contribuer à rendre plus accessibles les produits qui devraient être la base d’une alimentation bonne pour la santé.

100 produits alimentaires prioritaires, bons pour la santé : une mesure urgente, concrète et juste

Trop de consommateurs et consommatrices n’ont pas accès aux produits recommandés par le Programme National Nutrition Santé (PNNS 4), développé par des expert·es en santé publique pour favoriser une alimentation saine. Manger 5 fruits et légumes par jour, consommer des céréales complètes ou privilégier des aliments issus de l’agriculture biologique, c’est mission impossible pour beaucoup trop de personnes au quotidien. 
C’est pour contribuer à remédier en partie à cette situation inacceptable que Familles Rurales, foodwatch et le Secours Catholique exigent une obligation légale pour imposer à la grande distribution de vendre à prix coûtant 100 produits prioritaires basés sur les recommandations du PNNS. Cette mesure doit s’appliquer sur tout le territoire, y compris en Outre-mer et ne doit en aucun cas avoir une incidence négative sur les prix d’achats des productions des agricultrices et agriculteurs. Le « prix coûtant » s’entend comme l’équivalent du seuil de revente à perte (SRP).

La liste contient bien sûr une proportion significative d’aliments biologiques, nécessaires pour toutes les catégories alimentaires. La liste vise aussi à valoriser au maximum des produits d’origine française. Pour certaines catégories, notamment les fruits et les légumes, les distributeurs devront communiquer l’origine des produits. 

La liste exigée à prix coûtant ne propose pas de produits du groupe « à réduire » dont la consommation excessive peut nuire à la santé. Dans cette catégorie, on trouve notamment la viande et la charcuterie, les produits avec un Nutri-Score D ou E (à l’exception des fromages), l’alcool, le sel et les produits salés, les produits gras, sucrés, ultra-transformés, et les boissons sucrées. 

Cette liste est donc composée de 100 produits alimentaires, répartis en grandes familles de produits, sur la base des recommandations de santé publique. Cette liste est une liste de produits prioritaires choisis en raison de leur composition nutritionnelle, en respectant les recommandations du PNNS et n’a en aucun cas la prétention de constituer un “panier” complet répondant à l’ensemble des besoins.  

Pour une alimentation saine, accessible et juste : un droit fondamental à respecter, pas une faveur faite pour la santé

Cette mesure à prix coûtant répond à un impératif de santé publique. Nos associations dénoncent depuis fin 2023 l’opacité de la formation des prix des aliments et les marges abusives sur des produits essentiels pour la santé, comme les fruits et légumes. Elles demandent la transparence sur la construction des prix de notre alimentation et des mesures claires et efficaces pour empêcher l’explosion de ces marges extravagantes sur les produits alimentaires essentiels, sains et durables. 

C’est aux autorités publiques de faire enfin respecter le droit à une alimentation saine, choisie et de rendre accessibles les recommandations officielles de santé publique. L’État doit garantir l’accès à une alimentation équilibrée, durable et abordable, pas seulement publier des « recommandations ». Ce droit fondamental ne peut plus dépendre du portefeuille de chacune et chacun : les produits les plus sains ne peuvent pas être les plus chers, tout le monde doit y avoir accès.
Audrey Morice Chargée de campagnes foodwatch France

Nos trois associations interpellent Roland Lescure, ministre de l’Économie, et Serge Papin, ministre de la Consommation, pour que cette mesure devienne une obligation légale pour la grande distribution.

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Les multiples alertes et enquêtes lancées par nos associations ont démontré à maintes reprises l’inefficacité des engagements volontaires. C’est bien simple : les industriels et les distributeurs ne jouent pas le jeu, on ne peut pas leur faire confiance. 

En 2023, alors que le gouvernement proposait un panier de produits encadrés, pour lutter contre l’inflation, les ministres ont cédé à la pression des distributeurs de mettre en place des paniers selon leurs propres critères, plutôt que sous la houlette d’une obligation. Résultat : des paniers sans critères nutritionnels, et au bon vouloir des enseignes de la grande distribution. 


Pouvoir manger des aliments bons pour la santé ne doit plus être un luxe. Face au poids des géants de la distribution qui contrôlent une grande partie du marché alimentaire et à l’opacité qu’ils pratiquent sur les prix, c’est aux autorités publiques d’imposer des règles pour rendre accessibles au plus grand nombre les produits recommandés par les experts de santé publique.
 

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