Allons-nous manger des OGM sans le savoir ?
Allons-nous bientôt manger des OGM… sans même le savoir ? Depuis plusieurs mois, l’Union européenne débat de l'autorisation des new genomic techniques (NGT), ces nouveaux OGM largement promus par l’industrie agrochimique. Le problème ? Dans la négociation entre le Parlement européen, les États membres et la Commission européenne, l’information des consommatrices et consommateurs pourraient passer à la trappe. En ce début décembre, c’est bien notre liberté de choisir notre alimentation qui est sur le fil rasoir. Explication et action.
Selon nos informations, le Danemark, qui assure la présidence tournante de l’UE, pousse pour une décision dès la semaine prochaine. Et le risque est clair : que ces nouveaux OGM soient autorisés sans que les consommatrices et consommateurs en soient informés, et qu’ils ne puissent plus choisir des produits sans OGM s'ils le souhaitent.
En février 2024, pourtant les eurodéputé·es avaient dit clairement que l’étiquetage et la traçabilité des nouveaux OGM étaient une ligne rouge à leur autorisation sur le territoire européen. Un vote confirmé de nouveau en avril par le Parlement pour assoir le mandat de négociation avec la Commission et les États membres dans la suite du processus européen d’autorisation de ces OGM. Mais aujourd’hui, certains eurodéputé·es semblent avoir la mémoire courte. Et c’est grave. Car sans traçabilité ni étiquetage, impossible pour chacun de savoir si un produit contient des OGM issus des NGT. Impossible de choisir. Impossible d’exercer notre droit le plus fondamental en tant que consommateurs.
foodwatch tire la sonnette d’alarme
En septembre dernier, nous avons sollicité cinq eurodéputé·es clés sur ce dossier. Le résultat ? Trois, Christophe Clergeau (Socialiste et démocrate), Marie Toussaint (Les verts) ; Emma Fourreau (La Gauche), nous ont répondu clairement qu’ils défendraient la liberté des consommateur·ices consommateurs en tenant la ligne rouge votée en février 2024 sur l’étiquetage.
Deux d’entre eux n’ont pas répondus publiquement à foodwatch. Vous aussi, vous pouvez les interpeller et alerter la présidente du Parlement européen : faisons-leur comprendre qu’il est de leur devoir de protéger la liberté des consommatrices et consommateurs à choisir leur alimentation.
Les député·es à interpeller d’urgence
Pascal Canfin – Je l'interpelle Elu député sur la liste soutenue par Emmanuel Macron, Pascal Canfin est le rapporteur pour son groupe parlementaire et siège dans les négociations européennes. Son groupe RENEW est hésitant sur le sujet et pourrait faire basculer le vote sur les questions d’étiquetage. foodwatch a échangé par téléphone avec son collaborateur mais Pascal Canfin ne s’est pas engagé par écrit à soutenir un étiquetage des nouveaux OGM sur nos aliments.
| Laurent Castillo – Je l'interpelle Député élu sur la liste de droite, Laurent Castillo n’a pas répondu à nos sollicitations sur le sujet malgré notre relance. Son groupe politique semble être favorable à la dérégulation des nouveaux OGM et donc à l’opacité. Cela dit, il est nécessaire de lui rappeler son devoir de défendre la liberté de chacun à choisir son alimentation. | Roberta Metsola – Je l'interpelle Députée de la droite maltaise, Roberta Metsola est aujourd’hui présidente du Parlement européen depuis 2022. C’est à ce titre que nous vous invitons à l’interpeller afin qu’elle garantisse le respect du mandat de négociation voté par les eurodéputés sur les nouveaux OGM en février 2024, demandant “la transparence en maintenant l'étiquetage obligatoire pour tous les végétaux NGT”. (New Genomic Techniques) |
Derrière les « nouvelles techniques d’édition du génome », on retrouve les lobbies des pesticides et des semences, désireux d’accroître leur contrôle sur notre alimentation.
Leur objectif : introduire des produits modifiés génétiquement sans transparence, sans information et sans possibilité pour les consommateurs de décider.
Chez foodwatch, depuis 2013, nous défendons un droit essentiel : le droit de savoir ce que nous mangeons, et de choisir librement ce que nous mettons dans notre assiette. Ce droit est aujourd’hui menacé. Et une fois perdu, il ne sera pas simple de le retrouver.
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Note
Que sont les « nouveaux OGM » ?
Les new genomic techniques (NGT) sont des procédés récents d’édition du génome — comme CRISPR — qui modifient directement l’ADN d’une plante en laboratoire. Pollinis rappelle qu’il s’agit bien d’OGM, car ces manipulations ne peuvent pas se produire naturellement et comportent des incertitudes scientifiques.
Cet article se concentre sur les questions de traçabilité et d’étiquetage.
Pour des informations sur d’autres enjeux importants encore non résolus (coexistence, évaluation des risques, suivi, clauses de retrait, responsabilité, brevets, méthodes de détection et d’identification, portée de la proposition — y compris pour les plantes sauvages), vous pouvez vous rendre sur le site de Pollinis
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