Communiqués de presse 21.03.2019

Détox, anticancer, énergie, minceur, bonne nuit, anticholestérol… Toutes les promesses santé ne sont pas bonnes à avaler, prévient foodwatch

foodwatch a présenté aujourd’hui les résultats d’une nouvelle enquête aux ingrédients étonnants : à boire et à manger bien sûr, des profits juteux pour les industriels et une bonne dose d’aberration politique. L’organisation experte des questions d’alimentation s’attaque cette fois à une vingtaine de produits promettant de soi-disant vertus pour la santé. Problème, celles-ci reposent pour la plupart sur… du vent. Et pour cause : entre les milliers d’allégations santé bloquées au niveau de la Commission européenne qui tarde à les valider, les promesses en l’air du marketing et autres arnaques sur l’étiquette, les fabricants peuvent allègrement gonfler leur chiffre d’affaires en vendant du rêve. Pour foodwatch, cette arnaque a assez duré. Elle lance une pétition qui cible un exemple emblématique : Eléphant (Unilever) et son infusion qui pousse le bouchon jusqu’à affirmer « Détox, pas d’intox ». Pas d’intox ? foodwatch démontre le contraire. 

« Approchez, mesdames et messieurs ! Goûtez à cette infusion qui détoxifie, ces granulés qui vous feront dormir, cette ‘margarine’ qui stabilisera votre cholestérol, ou cette décoction qui soignera votre cancer ». Ces promesses vous paraissent d’un autre âge ? Pourtant les rayons des supermarchés et le net en 2019 ont un peu ces airs de foire, comme au temps où des charlatans vendaient du haut de leur roulotte leurs élixirs aux vertus miraculeuses. 

En épinglant aujourd’hui une vingtaine de produits, foodwatch affirme que de nombreux consommateurs tombent dans les pièges tendus par trop de fabricants. Eléphant, Lipton, La Tisanière, Tropicana ou Innocent, Ricola, Fitness (céréales), Gerblé, Fruit d’Or (matière grasse tartinable) et tant d’autres affublent leurs produits de mentions qui appâtent le chaland : détox, anticancer, énergie, minceur, antioxydant, bonne nuit, joie de vivre, anticholestérol… Rien ne les arrête. Il faut dire que le marché est juteux. 

« Les industriels de l’agroalimentaire n’ont aucune limite… si les autorités ne leur en posent pas. L’infusion ‘Détox, pas d’intox’ de la marque Eléphant en est un exemple criant. La Commission européenne doit fixer des règles claires en commençant par passer en revue les plus de 2.000 allégations santé qu’elle a mis en attente en 2012 et qui peuvent depuis, être tout de même utilisées. Les consommateurs∙rices ont le droit de savoir si les promesses faites sur les emballages sont fiables ou pas. Et ce n’est pas aux industriels de décider. », commente Mégane Ghorbani, responsable des campagnes chez foodwatch France. 

Lors de la conférence de presse qui s’est tenue à Paris ce jeudi 21 mars, foodwatch a présenté cinq catégories d’arnaques sur l’étiquette faisant miroiter de potentiels effets sur leur santé.

1. Des allégations santé alors qu’elles n’ont même pas été validées par les autorités.

C’est le rôle de la Commission européenne mais depuis 2012 on attend toujours la validation (ou non) sur plus de 2.000 allégations santé. Pendant ce temps, le flou profite aux industriels qui sont autorisés à les utiliser. Pourtant, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a remis des avis négatifs sur certaines de ces allégations. C’est le cas notamment du recours à la « Reine des prés » dont Unilever met en avant les vertus drainantes et d’élimination sur son infusion « Détox, pas d’intox » aujourd’hui ciblée par une pétition foodwatch. Dans cette catégorie, foodwatch épingle aussi : le thé vert - Romarin Verveine « Ligne » de Lipton, l’infusion « Bien-être du foie » de Jardin Bio, l’infusion drainage et élimination pamplemousse de La Tisanière ou encore le « thé minceur » de Celliflore ;

2. Des allégations santé sur des produits qui doivent être consommés en grande quantité avant d’espérer le moindre effet.

C’est le cas des produits vendus au rayon margarines à base de stérols ou oméga 3 comme : la matière grasse tartine et cuisson Auchan dont il faudrait consommer au moins six tartines par jour pour prétendre maintenir son taux de cholestérol, a calculé foodwatch. Mais aussi la Proactiv – expert de Fruit d’Or (plus de quatre tartines) ou encore la matière grasse Oméga 3 tartine et cuisson Bouton d’Or d’Intermarché (plus de six tartines) ; 

3. Des allégations santé telles que « antioxydant », « vitalité » ou « énergie » sur des produits par ailleurs beaucoup trop sucrés...

...affichant un nutriscore D (sur une échelle qui va jusqu’à E). Ainsi : les céréales « Fitness Energie nutritive » – chocolat au lait de Nestlé qui contiennent 20 grammes de sucre par 100 grammes de produit, le « Super smoothie energise » d’Innocent presque aussi sucré qu’un Coca-Cola, les biscuits « Choco magnésium – Vitalité magnésium vitamine B6 » de Gerblé qui affichent pas moins de 32 grammes de sucre par 100 grammes de produit et le jus Tropicana Essentiels « Antioxydant » qui dépasse 11 grammes de sucre pour 100 millilitres. 

4. Des allégations santé sur des produits aux noms ronronnants mais qui ne sont que pur marketing, souvent de l’aveu même des fabricants.

C’est le cas de « Infuselle Bonne nuit » de Ricola. Interpellée par foodwatch, la marque reconnaît qu’il s’agit finalement d’une mention marketing. « Bonne nuit » ne serait pas, selon elle, « une affirmation concernant la santé » mais se référait au moment où l’on consomme son produit. Même mauvaise foi du côté d’Infuz avec son Infusion « Hydrathé » qui dit… hydrater. L’infusion « Joie de vivre » de Yogi tea ne repose, elle, décidément sur aucun fondement scientifique. Quant à Kusmi Tea, interrogée sur son thé « BB Detox », elle affirme « choisir de ne pas faire d’allégation santé sur ses produits »…  

5. Des promesses de guérir le cancer, complètement illégales

Certains n’hésitent pas à outrepasser les limites des allégations santé. C’est le cas du site biologiquement.com qui vend littéralement une quarantaine de produits comme étant « anticancer » : des feuilles de graviola corossol, de l’extrait de feuilles de thé vert, des myrtilles en gélules, des mûres blanches bio séchées, etc. foodwatch vient d’ailleurs de porter plainte contre ce site. 

Dans ce nouveau volet de sa campagne Arnaques sur l’étiquette, foodwatch réclame aux fabricants et distributeurs plus de transparence et d’honnêteté dans l’utilisation de promesses santé sur les produits alimentaires, et exige des autorités qu‘elles renforcent les règles pour éviter le flou dont les consommateurs paient le prix. 

A savoir : France 2 diffusera « Aliments santé : comment démêler le vrai du faux ? » dans le magazine « Tout compte fait » présenté par Julian Bugier, samedi 23 mars à 14 heures.