Soupes au goût d’arnaque : cinq grandes marques épinglées par foodwatch. Knorr ciblée par une pétition

13/12/2018 RETOUR

Quand le thermomètre baisse, les ventes de soupes augmentent inéluctablement. Les fabricants et distributeurs multiplient d’ailleurs les promotions pour attirer le chaland. Mais derrière ces soupes prêtes à l’emploi que l’on pense – parfois à tort – saines se cache une variété d’arnaques sur l’étiquette que foodwatch dénonce. L’organisation experte des questions d’alimentation épingle cinq marques très présentes en supermarché et cible tout particulièrement Knorr (Unilever). Sa soupe « Poule Vermicelles » ne contient pas de morceaux de la poule promise. Et pour cause : c’est la gamme économique de Knorr. En revanche, la soupe Knorr « Poule Vermicelles » de la gamme « Saveur d’antan » contient bien, elle, une infime quantité de poule. Pas d’argent, pas de poule ? foodwatch lance aujourd’hui une pétition pour demander au fabricant de modifier son étiquetage ou sa recette.

Knorr, Liebig, Léa Nature, La Potagère et Tanoshi sont des marques très présentes dans les rayons ‘soupes’ des supermarchés. Alors que la saison froide est propice à faire décoller les ventes, foodwatch dénonce une série d’arnaques sur l’étiquette en s’appuyant sur cinq exemples flagrants.

foodwatch cible tout particulièrement avec une pétition la soupe « Poule Vermicelles » de Knorr (Unilever) dans sa gamme « Les économiques » qui ne contient pas un seul morceau de poule. Le gallinacé ne s’y trouve que sous forme de graisse et de bouillon (pour une quantité maximum de 1,2%). Le comble, c’est que la soupe « Poule Vermicelles » de Knorr dans la gamme « Saveurs d’Antan » contient, elle, bien des morceaux de viande. Un même nom pour deux réalités ?

« Les consommateurs∙rices de la gamme « Les économiques » n’ont-ils pas droit eux aussi à la vérité sur la réelle composition des produits qu’ils achètent ?, interpelle Mégane Ghorbani, responsable de campagnes chez foodwatch. En écrivant « Poule » en toutes lettres à l’avant de l’emballage, Knorr fait une promesse qu’elle ne tient pas. Pour nous, c’est d’autant plus inacceptable qu’une personne sur cinq en France rencontre des difficultés financières pour s’acheter à manger ».

Les arnaques repérées par foodwatch au rayon soupes ne s’arrêtent pas là.

Le « Mouliné de légumes verts & quinoa » de La Potagère (Sill Entreprises) n’est pas aussi vert qu’il ne le prétend. La preuve : ce produit contient en réalité bien plus d’autres légumes (24,4%) que de légumes verts (17,4%). Mais rien n’empêche aujourd’hui les fabricants de mettre en avant les ingrédients qu’ils trouvent plus vendeurs, quitte à ce que le nom du produit reflète de façon biaisée la réelle composition.

Le « Velouté lentilles corail au lait de coco » de Léa Nature (bio) affiche un joli drapeau français et des petits cœurs sur l’emballage permettent aux consommateurs de repérer cette soupe « fabriquée en France » en un coup d’œil dans les rayons du supermarché. Sauf que les lentilles corail de ce velouté – ingrédient bien mis en avant dans le nom du produit – proviennent en réalité… de Turquie. Le reste des légumes vient des quatre coins de l’Europe : Hollande, Belgique, France et Pologne. Les fabricants usent et abusent allègrement de l’argument très vendeur « Made in France ». Mais à y regarder de près, cet étalage de bleu-blanc-rouge sur l’emballage n’est pas du tout une garantie que tous les ingrédients sont français.  

La « Bisque de homard » de Liebig (Continental Foods) dans sa boîte de conserve dorée présente un homard sur l’avant de l’emballage. Le leader sur le marché des soupes s’arrange là aussi avec la réalité : ce produit contient autant de homard (12%) que d’autres crustacés, dont des têtes de langoustines qui ne sont pas représentées sur l’emballage. La vérité qui vous arrange ?

Les « Nouilles japonaises saveur légumes et sauce soja » de Tanoshi Japon (Bjorg Bonneterre et Compagnie) affiche la mention « Sans glutamate ajouté ». Un argument que le fabricant juge sans doute vendeur ? Problème : ce produit contient pas moins de neufs additifs différents dont quatre sont controversés pour leurs effets sur la santé : butylhydroxy-toluène ou BHT (E321), butylhydroxy-anisol ou BHA (E320), carboxyméthyl-cellulose sodique (E466), triphosphates pentasodique (E451i). Il y a quelques années, le slogan de la marque était : « Tanoshi, le japon vous sourit ». Pour foodwatch, c’est plutôt la soupe à la grimace.

A travers sa campagne « Arnaque sur l’étiquette », foodwatch dénonce le règne de la désinformation et permet aux consommateurs de faire pression sur les industriels de l’agroalimentaire pour qu’ils changent leurs pratiques abusives.

Sources :

> Pétition foodwatch : Knorr abuse avec sa soupe « poule vermicelles » sans poule 

> Visuels libres de droit dans l’espace téléchargement en tapant « soupes »

> Précarité alimentaire : chiffres extraits du baromètre de la pauvreté 2018 (Secours populaire/Ipsos) 

> Arnaque sur l’étiquette, la campagne foodwatch « name & shame » 

 

 

 
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