Le gouvernement bloque l’interdiction du marketing ciblant les enfants pour les produits trop sucrés, trop gras, trop salés : un scandale que foodwatch dénonce

22/02/2019 | 5 liens RETOUR

Après le fiasco de la loi alimentation, une proposition de loi débattue hier soir offrait une vraie occasion de prendre cette mesure en France : la loi « Protéger la population des dangers de la malbouffe », présentée par Loïc Prud’homme, LFI, Président de la récente commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle. Après quelques couacs de départ, cette proposition a abouti à des débats et amendements vers un consensus de beaucoup de députés, dont Michèle Crouzet, rapporteure de cette même commission. Mais le gouvernement a fait barrage.

L’enjeu est pourtant de taille. Un enfant sur six en France est en surpoids ou obèse. Pour les protéger, tous les experts recommandent des règles claires pour interdire la publicité et le marketing qui ciblent les enfants, pour les produis trop sucrés, trop gras, trop salés, sur tous supports. 

foodwatch y a cru… jusqu’à ce que le représentant du gouvernement intervienne pour faire supprimer l’article de la loi sur la publicité, purement et simplement, coupant court à tout débat. Et malheureusement, cette intervention de Marc Fesneau, ministre auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement a elle bien été votée par la majorité. Pourquoi le gouvernement s’est-il opposé ?  Parce que « les pouvoirs publics ont toujours privilégié une démarche pédagogique » à coup de chartes volontaires. Or ni la charte CSA, qui n’a rien de contraignant, ni les engagements volontaires des multinationales tels que le EU Pledge, qu’ils ne respectent pas eux-mêmes ne suffisent à faire changer les pratiques. C’est aux autorités publiques de protéger la santé publique. 

« On a assisté à un pur scandale ce soir à l’Assemblée nationale : alors que des députés de tous bords – LFI, LREM, centre, etc. - étaient en train de se mettre d’accord pour adopter l’interdiction de la publicité et du marketing ciblant les enfants pour les produits trop sucrés, trop gras, trop salés, le gouvernement a tout simplement fait supprimer l’article de la proposition de loi. Coupant court à tout débat, le représentant du Premier ministre a rabâché qu’une charte volontaire était en discussion, mais il est démontré que compter sur la volonté des géants de la malbouffe ne fonctionne pas ! Il faut des règles pour protéger la santé des enfants, et du courage politique. Combien de fois allons-nous reporter cette décision ? », s’insurge Karine Jacquemart, directrice générale de foodwatch.  

Plus de 18 000 personnes ont  signé la pétition  lancée par foodwatch pour une telle loi, et la mobilisation continue.

Seule consolation hier soir : l’obligation du Nutri-Score sur les supports publicitaires pour les produits alimentaires a été adoptée… malgré un avis défavorable du gouvernement, décidément opposé à toute règle pour cadrer l'industrie de la malbouffe.

 
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