Communiqués de presse 04.02.2020

Canada, Argentine, Donald Trump : les accords de commerce menacent notre assiette et la planète

Les relations commerciales avec le Canada et l’Argentine occupent l’agenda politique ce mercredi 5 février. L’audition de l’ambassadrice du Canada Isabelle Hudon au Sénat suivra la visite du président argentin à l’Elysée le même jour. Derrière la diplomatie se cachent des accords de commerce – le CETA avec le Canada et le MERCOSUR avec le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay - qui menacent les droits sociaux, la santé, l’alimentation, l’agriculture et la protection de la planète. foodwatch appelle les parlementaires à ne pas ratifier le CETA et Emmanuel Macron à revoir la politique commerciale de l’UE.

Ce mercredi 5 février, Emmanuel Macron reçoit à l’Elysée le Président de la République argentine tandis que l’ambassadrice du Canada en France va être auditionnée
sur le CETA par la Commission des affaires étrangères au Sénat. Ces visites en haut lieu interviennent quelques jours à peine après le coup de semonce de Donald Trump qui appelle les Européens à revoir leur décision d’interdire les importations de poulet chloré et de boeuf aux hormones.

« CETA, MERCOSUR, TAFTA, c’est le même combat : le principe de précaution et les règles européennes sur les pesticides, OGM, droits sociaux ou même la protection de l’environnement sont clairement ciblés comme des barrières au commerce à démanteler. Tous ces accords sont des bombes à retardement complètement antidémocratiques », martèle Karine Jacquemart, directrice de foodwatch France.

CETA, MERCOSUR et TAFTA sont des armes de dissuasion massive car ces accords renforcent le pouvoir de nos partenaires commerciaux – et dans le cas du CETA des investisseurs privés d’attaquer des décisions des Etats ou de l’Union européenne, même si celles-ci visent à protéger les citoyens ou la planète, sous prétexte que ces décisions seraient des entraves au commerce.

Il faut voir dans l’agenda politique de cette semaine plus qu’un concours de circonstances, car de fait le CETA, le MERCOSUR et les négociations avec les Etats-Unis pour un TAFTA nouvelle version font partie d’une même logique : s’attaquer aux règlementations censées protéger les citoyens et la planète, pour faire la part toujours plus belle aux multinationales.

Si l’Europe va très probablement maintenir l’interdiction des importations de bœuf aux hormones et de poulet au chlore, il faut rappeler que le Canada utilise encore certaines farines animales et des antibiotiques comme activateurs de croissance dans ses élevages, tout comme le Brésil, alors que c’est interdit en Europe. Le Canada a aussi recours à 42 molécules de pesticides proscrites en Europe, et le Brésil vient d’en autoriser des dizaines en plus.

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