Coca-Cola France finance la science à coups de millions pour mieux vendre ses sodas

06/04/2016 | 1 fichier | 3 liens RETOUR

A la veille de la Journée mondiale de la santé consacrée cette année au diabète, foodwatch révèle la stratégie de désinformation de Coca-Cola en France afin que les conséquences des boissons sucrées ou édulcorées (light) sur la santé soient minimisées.

foodwatch avait demandé fin 2015 à Coca-Cola d’être transparente sur sa stratégie de financement de la recherche en Europe. C’est chose faite. La liste des projets et organismes subventionnés illustre comment les plus de 6,7 millions d’euros (hors taxes depuis 2010) injectés par le géant du soda en France sont savamment employés à brouiller le débat sur l’obésité et le diabète et donc à se dédouaner. Chercheurs, médecins, nutritionnistes, diététiciens… ont ainsi empoché des sommes rondelettes ces dernières années et prétendu que les boissons light seraient finalement plutôt bénéfiques pour la santé. Ce qu’elles ne sont pas. Coca-Cola met les moyens pour que les conséquences des boissons sucrées ou édulcorées sur la santé soient minimisées, et pour échapper à ses responsabilités. C’est grave.

En réalité les sodas contribuent à l’inquiétante progression du taux de surpoids (30%) et d’obésité (13%) chez les adultes en France et augmentent le risque de diabète de type 2, selon plusieurs études. Or le diabète tue plus de 10.000 personnes chaque année en France, est responsable de près de 8.000 amputations de membres inférieurs. C’est aussi l’une des principales causes de cécité et d’insuffisance rénale. Trois millions de personnes sont touchées par le diabète en France.

« Coca-Cola est résolue à faire croire que ses produits à base de « faux sucres », les édulcorants (aspartame, stévia, sucralose,…) – light, zéro, life – font partie de la solution. Or, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses), il ne fait aucun doute que les édulcorants intenses n’ont pas d’effet bénéfique sur le contrôle glycémique des personnes diabétiques. La consommation régulière et prolongée de ces édulcorants intenses comporterait même des risques pour la santé » a souligné Ingrid Kragl, directrice de l’information de foodwatch.

De Paris à Lyon, de Lille à Chambéry en passant par Poitiers ou Givors, des médecins, scientifiques et des organismes – parfois sous tutelle publique – ont été généreusement financés par Coca-Cola France depuis 2010. Des sommes conséquentes souvent employées par les destinataires à plaider la cause des édulcorants au sein de congrès ou dans des publications scientifiques.

Quelques exemples :

  • Fédération française des diabétiques : 268.552 € au moins. La Fédération est aussi partenaire de l’association internationale des fabricants d’édulcorants (ISA).
  • Institut Européen d’Expertise en Physiologie (IEEP) : 719.200 € destinés à produire « des recherches sur les édulcorants intenses ». C’est l’un des plus gros versements de Coca-Cola France pour contrer, on peut le penser, la menace représentée par le rapport de l’Anses sur les édulcorants finalement paru en 2015 et, peut-être, la taxe sur les boissons sucrées instaurée en 2012.
  • Centre National pour le Développement du Sport (CNDS) : 1.118.926 €, une coquette somme employée à… la lutte contre l’obésité des jeunes.
  • Université de Poitiers : 228.104 € pour financer une unité d’enseignement libre visant à donner aux étudiants « toutes les clefs d’une bonne hygiène de vie ».

Qui a reçu combien et pour quoi ? Détails du financement de la science par Coca-Cola France : lire ici

foodwatch craint que Coca-Cola ne s’arrête pas là. En janvier 2016, lors de la présentation de sa nouvelle stratégie mondiale, la directrice marketing de la branche française soulignait l’importance de promouvoir les « bénéfices » des produits Coca-Cola.

Alors que le diabète est considéré par l’Organisation mondiale de la santé comme une épidémie mondiale, on peut s’interroger sur les « bénéfices » des sodas vantés par Coca-Cola. Quels bénéfices ? Et surtout, pour qui ?


 

 

 
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