Actualités 20.10.2020

Néonicotinoïdes : le vrai du faux

  • Pesticides
Ulrike Leone - Pixabay (Creative Commons)

Les néonicotinoïdes défraient la chronique. Sous l’influence des lobbies de la betterave, du sucre et des pesticides, les député.e.s ont réautorisé pour deux ans ces insecticides « tueurs d’abeilles », pourtant interdits depuis 2018. Avant le passage de la loi au Sénat le 27 octobre, 20 ONG dont foodwatch distinguent le vrai du faux des réalités économiques, environnementales, sanitaires et agronomiques - y compris sur les alternatives, en réponse au lobbying des sucriers. 

Oui, ré-autoriser les néonicotinoïdes serait un recul majeur que la France ne doit et ne peut se permettre

Ce document de synthèse oui/non sur les néonicotinoïdes, a été envoyé à l’ensemble des sénateurs et sénatrices pour leur demander de voter CONTRE le projet de loi qui offre des dérogations pour l’utilisation des néonicotinoïdes.  

Nous sommes heureux.ses de le partager avec vous pour rendre ce débat plus transparent. N’hésitez pas à le partager avec cet article et à piocher les informations parmi les 20 oui/non qui vous intéressent – vous retrouverez toutes les sources à la fin du document.

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La toxicité des néonicotinoïdes n’est plus à débattre 

Fin septembre, un collectif de chercheurs indépendants de plus de 24 pays spécialisés dans les pesticides appelait le gouvernement à ne pas revenir en arrière sur l’interdiction des néonicotinoïdes dans les champs français, ce qu’ils qualifient de « grave erreur » : « Nos travaux décrivent les caractéristiques particulières de ces pesticides et leurs graves impacts sur l’environnement, sur la biodiversité et sur la santé publique ». 

La betterave, ça ne fait pas de fleurs… mais les néonicotinoïdes n’en sont pas moins dangereux 

« La betterave ne fait pas de fleurs, donc les abeilles ne viennent pas les butiner, donc pas de danger » : c'est en substance ce que rabâchent les sucriers pour défendre le retour de ces insecticides. Sauf que ça ne marche pas
Les néonicotinoïdes, utilisés pour enrober les graines de betteraves sucrières prêtes à semer, sont des neurotoxiques puissants, qui se diffusent dans toute la plante mais aussi dans l’environnement, l’eau, le sol et jusque dans nos assiettes. Des études ont montré que l’on retrouve ces insecticides dans le nectar d’autres plantes - pourtant cultivés sans néonicotinoïdes -, ou encore dans des fleurs sauvages. Alors, NON, leur utilisation n’est pas moins dangereuse sous prétexte que les betteraves sont récoltées avant de faire des fleurs. 

Les néonicotinoïdes ne sont ni la bonne, ni la seule solution pour la filière des betteraves à sucre française  

Les lobbies des betteraves et surtout des sucriers –que l’on retrouve par exemple derrière les marques Daddy, Beghin Say ou Saint Louis - ont réussi à faire croire que la crise du secteur était due uniquement au puceron vert et à la jaunisse des plantes, et à leur impuissance à y faire face à cause de l’interdiction des néonicotinoïdes.
Le document que nous publions apporte plusieurs éclairages sur ces réalités économiques, expliquant par exemple que :  

  • Non, la jaunisse survenue cette année n’est pas responsable de la crise du secteur de la betterave, préexistante a 2020.
  • Non, la jaunisse ne menace pas notre souveraineté alimentaire mais la disparition des pollinisateurs oui.
  • Non, 46 000 emplois ne sont pas menacés !
  • Oui, il est possible de soutenir la filière autrement qu’en ré-autorisant les néonicotinoïdes.

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