Actualités 01.02.2021

Conflits d’intérêts à l’UE et parrainage d’entreprises : le Portugal envoie un mauvais signal

Nous dénonçons depuis 2019 l’utilisation de sponsors privés par la Présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne. Saisie par une plainte de foodwatch, la médiatrice de l’Union Européenne, Emily O'Reilly a conclu l'année dernière que "l'utilisation du parrainage par la Présidence comporte des risques d’atteinte à la réputation que le Conseil devrait aborder" et recommande des directives claires. Pourtant la Présidence portugaise en cours continue à bénéficier de parrainages en nature.

Le 1er janvier 2021, le Portugal a succédé à l'Allemagne à la Présidence du Conseil de l’Union Européenne. Contrairement à la Présidence allemande, la Présidence portugaise du Conseil a décidé d'accepter des parrainages en nature par des sponsors privés. foodwatch a écrit une lettre officielle à l'Ambassadeur du Portugal Nuno Brito lui demandant de revenir sur cette décision.

D’après nos informations, le Portugal a recours au parrainage en nature de trois entreprises : Delta Cafés, Sumol+Compal - distributeur portugais entre autres de Pepsi, Gatorade et Lipton - et plus récemment de la société papetière Navigator. Cette décision est une provocation, qui ignore les recommandations de la médiatrice de l’UE.

Et la France dans tout ça ?

La France va prendre la Présidence tournante du Conseil de l’Union européenne de janvier à juin 2022. foodwatch a écrit au Président de la République dès avril 2019 pour lui demander de s’engager à ne pas recourir à des sponsors privés, mais nous n’en savons pas plus sur la position de la France à ce stade. Jouera-t-elle le jeu en soutenant des directives claires pour les institutions européennes et le Conseil afin d’éviter (enfin) tout risque de conflit d’intérêt ?

Sous surveillance

Nous demandons à la Présidence portugaise de prendre des mesures immédiates pour revenir sur cette décision et à tous les Etats membres de l’adoption de directives claires pour éviter ces conflits d’intérêt.

Ces pratiques de sponsoring privé sont d’autant plus graves qu’elles alimentent les collusions entre intérêts privés et autorités publiques, ce qui aggrave un manque de confiance des citoyen.nes dans l’Union européenne. Nous nous battons pour une politique européenne vraiment démocratique. La priorité doit être redonnée aux intérêts des citoyens. Le lobbying, le parrainage et l'influence du secteur privé, y compris de l'industrie alimentaire, doivent cesser.

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