Qu’est-ce qu’une alimentation saine ?

Qu’est-ce qu’une alimentation saine ?

Les « profils nutritionnels » sont la « classification des aliments selon leur composition nutritionnelle, en vue de prévenir les risques de maladies et de promouvoir la santé». Les taux de matières grasses saturées, de sel ou de sucres jouent un rôle important dans ce classement. Grâce à ce type d’approche, les produits riches en sucres ou en matières grasses saturées, par exemple, peuvent être classés dans la catégorie des aliments « mauvais pour la santé ». Les produits pauvres en sucres ou en matières grasses saturées et riches en fibres seront classés au contraire dans la catégorie des aliments « sains ».

L’information nutritionnelle joue ainsi un rôle capital dans la lutte contre l’obésité et l’augmentation des maladies chroniques telles que le diabète de type 2. La distinction entre aliments « bons » et « mauvais » pour la santé est nécessaire, par exemple pour permettre d’encadrer le marketing ciblant les enfants ou pour développer des mesures fiscales qui privilégient les aliments sains. Quelques pays ont même mis en place sur base volontaire un système d’étiquetage permettant de mettre en avant les produits sains.

Aliments « sains » ou « mauvais pour la santé » : quelle différence ?

Le lobby de l’industrie agroalimentaire affirme sans relâche qu’il n’existe pas de « bons » et de « mauvais » aliments : seulement de bonnes ou de mauvaises habitudes. Le message implicite est qu’« une calorie reste une calorie. Tout dépend de la quantité ». La vérité, c’est qu’« une calorie n’équivaut pas forcément une calorie » ! Cela fait une grande différence de couvrir ses besoins quotidiens en calories avec des fruits, des légumes et des produits au blé complet ou avec des frites, de la crème glacée, du chocolat, du gâteau aux cerises. Pourquoi ? Parce que les défauts nutritionnels de ces produits (taux excessifs d’acides gras insaturés et de sucres, insuffisance de fibres, peu de vitamines) ne sont pas compensés par leurs qualités (le calcium dans la glace, les flavonols dans le chocolat, les vitamines des cerises du gâteau).

Si tous les aliments avaient le même impact sur notre équilibre alimentaire, un régime uniquement constitué de gâteaux et de frites n’augmenterait pas le risque de développer une maladie cardiaque. Ce qui n’est évidemment pas le cas ! Bref, il existe effectivement de « mauvais » aliments pour notre santé et il faut éviter de consommer ces aliments en quantité́ excessive. Mais alors comment savoir quels aliments sont bons pour notre santé ? Peut-on manger sans crainte une barre de céréales ou un yaourt contenant 15 % de sucres ? Ou sont-ils déjà trop sucrés ? C’est pour répondre à ce genre d’interrogations qu’il existe des modèles de profil nutritionnel.

Le profil nutritionnel comme condition préalable à des mesures de santé publique

Pour affronter la crise de l’obésité, divers instruments politiques existent : introduire des mesures fiscales qui privilégient les produits sains, limiter le marketing de produits mauvais pour la santé, limiter la vente de produits gras et sucrés dans les écoles ou encore introduire des critères alimentaires stricts dans les cantines scolaires.
L’ensemble de ces mesures nécessitent une base d’évaluation. Quels produits faut-il bannir des programmes télévisés pour enfants ? Quels produits peuvent faire l’objet d’une allégation de santé ? À quoi doivent ressembler les repas des cantines scolaires ? Sans un profilage nutritionnel efficace, la politique de santé publique ne peut être que défaillante.
Le mantra de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) « le but doit être de rendre les choix sains les plus faciles » est possible seulement si on peut définir ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais » pour la santé. C’est particulièrement le cas lorsqu’on parle d’un étiquetage nutritionnel clair et transparent.

Le profil nutritionnel comme base pour distinguer « bons » et « mauvais » aliments

Le profil nutritionnel sert aussi de base pour informer le consommateur : des signes distinctifs à l’avant des emballages permettent de faire la différence entre des produits saisn ou déséquilibrés pour la santé. Il existe différents modèles en Europe :

  • En Suède, Norvège ou au Danemark, des fabricants du secteur agroalimentaire utilisent le système du « keyhole nutrition label »: grâce à un symbole en forme de trou de serrure, les habitants de ces trois pays peuvent reconnaître facilement les produits bons pour leur santé.
  • En Finlande, un modèle de profils nutritionnels classe les aliments selon leur impact sur le système cardiovasculaire. Les aliments pauvres en sel ou en matières grasses saturées arborent ainsi un symbole en forme de cœur.
  • La France étudie un modèle de classification nutritionnelle appelé « 5-C », censé simplifier les choix des consommateurs vers les produits les plus sains. Ce modèle classe les aliments en cinq grades allant de la lettre A à la lettre E selon leurs valeurs nutritionnelles négatives - présence d’additifs, taux de matières grasses saturées, de sucres et de sel-, comme positives telles que la présence de fibres. Les aliments de grade A (vert) sont équilibrés tandis que les aliments de grade E (rouge) sont ceux à éviter.  

Par contraste, le système d’étiquetage nutritionnel des feux tricolores développé au Royaume-Uni par la Food Standards Agency (FSA) en 2007 suit une autre approche. Le logo des feux tricolores permet aux consommateurs de comparer d’un simple coup d’œil les valeurs nutritionnelles des produits au sein d’une même catégorie d’aliments. Mais ce système ne permet pas de classer et de hiérarchiser les produits alimentaires selon leur composition nutritionnelle générale.