Actualités 15.12.2020

La recette foodwatch, ça marche et c’est grâce à vous !

En cette fin d’année toujours aussi chahutée pour cause de maudit virus, on a voulu se poser un instant avec vous et faire le point sur tout ce que nous avons accompli ensemble en 2020, grâce à votre mobilisation sans faille sur nos pétitions, votre soutien financier et notre ténacité. 

C’est grâce à vous que notre contre-pouvoir citoyen a du poids et peut se battre efficacement pour obtenir plus de transparence et une alimentation plus saine pour toutes et tous. Vous nous donnez les moyens d'investiguer et d'agir en toute indépendance. C’est une chance unique dont nous faisons bon usage. Ensemble, continuons !

Dénoncer les lobbies, plus actifs que jamais pour protéger leurs intérêts

Nous nous sommes donc attelé·e·s à les surveiller et à dénoncer haut et fort leurs manœuvres honteuses dans la presse et auprès des décideurs politiques. 

D’abord, le lobby des charcutiers qui a mis en demeure notre partenaire Yuka parce que nous avons lancé avec la Ligue contre le cancer une pétition réclamant l’interdiction des nitrites ajoutés qui favorisent l’apparition de cancers pourtant évitables. 

Ensuite, le lobby de la Filière de la pêche industrielle que nous avons épinglé avec l’association Bloom car il diffusait dans les écoles un « kit d’information » malhonnête qui visait surtout à désinformer nos tout-petits sur le véritable impact de la consommation de poisson, occultait la surpêche, les métaux lourds, etc. 

Puis, le lobby des pesticides totalement décomplexé : nous avons révélé des courriers accablants de Bayer & Co. (qui commercialise le très controversé Round Up/Monsanto) et du lobby des agriculteurs Copa-Cogeca. Ces messieurs-dames cherchaient à profiter de la crise du Covid pour se lamenter auprès de la Commission européenne et lui demander de ne pas leur mettre des bâtons dans les roues en prenant des mesures protectrices de la santé des citoyens et de l’environnement ! On appelle ça la « stratégie du choc » et c’est tout simplement inacceptable ! 

On a aussi eu droit à une publicité des géants du sucre où Daddy affirmait sans sourciller que « le sucre est une plante » pour nous faire mieux avaler la pilule…Nous n’avons pas pu nous empêcher de détourner leurs visuels à la sauce foodwatch ;-) 

Enfin, le tableau ne serait pas complet si l’on n’évoquait pas le lobby de la malbouffe et celui des industries agroalimentaires en général qui se sont fendues d’une lettre à quatre ministres pour leur rappeler combien ils étaient fiables et qu’il était donc inutile de voter des lois qui protégeraient l’exposition de nos enfants au marketing de la malbouffe qui les cible… alors que tous les experts et même Santé publique France affirment le contraire. Les laisser manger nos enfants tout crus (et engraissés) sans rien dire ? Pas question. 

Débusquer les arnaques sur l'étiquette

Cette année encore, nos équipes et vous, chers foodwatchers, avons déniché de belles brochettes d’arnaques. Interpeller publiquement les marques, relayer nos informations dans les médias a fait bouger les choses puisque plusieurs fabricants et distributeurs ont cédé devant nos revendications légitimes : les épices Ducros (avec un additif controversé), Brossard et son pain d’épices (« au miel » mais avec plus de sirop de glucose), les capsules de thé Nescafé (à base d’huile de palme), les glaces Nestlé (comportant de l’huile de palme) ont soit modifié leurs recettes soit changé leur étiquetage pour qu’il reflète – enfin – la réalité du contenu. 

Ces jours-ci, les marques Guyader, Le Gaulois et Lidl épinglées dans notre Calendrier du Vent ont aussi annoncé qu’elles allaient changer leurs emballages pour qu’ils soient plus honnêtes.

Plus tôt dans l’année, nous avions pointé du doigt, avec votre collaboration, des arnaques au prix sur des produits en format familial ou maxi vendus plus chers au kilo que leur version standard. Nous avons poussé plusieurs chaînes de supermarchés – Casino, Intermarché et Monoprix - à ne plus permettre ces embrouilles, ces écarts de prix inadmissibles.  

Et cette campagne continue pour envoyer un message très clair aux industriels : « Nous ne nous laisserons plus faire » et aux autorités : « Où sont les contrôles et les sanctions ? ».

Enquêter et révéler des scandales

Le coronavirus et les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement ont permis aux fabricants agroalimentaires de déroger aux règles. Ils se sont donc mis à changer leurs recettes, l’origine de leurs ingrédients mais sans le renseigner sur les étiquettes ! Une situation totalement opaque pour les consommateurs et révélée par foodwatch. Nous avons même poussé la Répression des fraudes à publier la liste des marques qui se permettaient ces pas de côté tolérés par les autorités en cette période de crise. On a découvert que des distributeurs prétendant favoriser les filières françaises se fournissaient en réalité en Espagne, en Allemagne, en Italie ; que des œufs soi-disant plein air étaient remplacés par des œufs de batterie, etc.

Nous avons aussi dénoncé en novembre le scandale des graines de sésame contaminées à l’oxyde d’éthylène, une substance toxique et interdite en Europe puisqu’elle est mutagène, cancérogène et toxique pour la reproduction. On retrouve ces minuscules graines absolument partout. L’affaire est mondiale. Déjà dans plus de 2 050 produits rappelés en France (biscottes, pain, tahini, magret de canard, etc.) ; ils sont parfois retirés des rayons en catimini et la liste ne cesse de s’allonger de jour en jour sans que les fabricants qui commercialisent des produits non-conformes ne soient inquiétés ou sanctionnés. Une honte. foodwatch continue de mener l’enquête.   

Exiger l'interdiction de substances dangereuses, notamment dans les laits infantiles

Nous avions fait des tests en laboratoires et révélé il y a un an la contamination de laits en poudre pour bébés de Danone et Nestlé par des huiles minérales appelées MOAH, des dérivés de pétrole potentiellement cancérogènes, mutagènes et perturbateurs endocriniens. Pour obtenir le retrait des produits contaminés des rayons, nous avons saisi pas moins de 109 préfets en France par voie d’avocat. Cela n’a pas suffi mais nous n’avons rien lâché. Et nos efforts ont payé car la Commission européenne, après avoir exigé des tests des laits en poudre pour bébés partout en Europe, a fini par reconnaître le problème et a fixé pour la première fois un seuil de contamination pour les laits infantiles. foodwatch va continuer ce combat pour obtenir une règlementation européenne contre cette contamination qui concerne TOUS les produits alimentaires. 

Se mobiliser contre les accords de commerce dangereux

Derrière des portes closes se négocient des accords de commerce avec d’autres pays lointains qui, l’air de rien, modifient le contenu de nos assiettes. Au menu de ces traités de libre-échange figurent les réglementations sur les pesticides, les organismes génétiquement modifiés, les droits de l’Homme, de l’environnement (déforestation) et généralement la conséquence de ces traités est de balayer du revers de la main tout ce qui gênerait le business, de donner plus de pouvoir aux multinationales, même si c’est anti-démocratique.
foodwatch, qui fait partie d’un collectif d’ONG, étudie ces accords de près et dénonce leurs dangers inlassablement. Grâce à votre mobilisation, nous avons réussi à mettre un gros coup d’arrêt à l’accord entre l’Europe et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). 
C’est une première victoire pour les organisations de la société civile. Nous pouvons être fier·e·s de ce résultat et nous allons continuer à nous mobiliser pour stopper le CETA, l’accord entre l’UE et le Canada, dont la ratification en France doit encore passer par le Sénat. Il n’est donc pas trop tard. 


Vous êtes de plus en plus nombreux·ses à nous soutenir et cela compte puisque notre impact est ainsi démultiplié. La famille foodwatch s’est agrandie cette année avec l’ouverture d’un bureau en Autriche. Après l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, un bureau à Bruxelles, nos collègues autrichiennes vont, elles aussi, redoubler d’efforts pour faire avancer la cause d’une alimentation plus saine en Europe pour toutes et tous. 

Vous avez aimé cet article ? On a encore plein de sujets sur le feu : aidez-nous à continuer !

foodwatch est une association 100% indépendante qui refuse tout financement public ou dons d’entreprises qui pourraient présenter le moindre conflit d’intérêt. Ce sont donc vos dons qui garantissent notre liberté de parole et d’action pour enquêter, lancer l’alerte et faire bouger les choses. Ensemble, notre voix compte. Merci !

Je fais un don