Actualités 25.03.2021

Fraude alimentaire : des « faux » aliments partout

  • Scandales alimentaires

Nous menons des enquêtes depuis plusieurs années sur les fraudes alimentaires. Le constat est sans appel : le phénomène continue de prendre de l’ampleur et touche tous les types de produits. Potentiellement aucun rayon, aucun aliment ni boisson n’y échappe. Ils ont peut-être même déjà atterri dans votre caddie. Et pourtant, vous n’en avez jamais rien su !

Le palmarès des produits les plus fraudés

Les fraudes alimentaires se multiplient en France et en Europe. Pour preuve, les saisies effectuées chaque année dans le cadre de l’opération Opson, coordonnée par Europol et Interpol, ne cessent d’augmenter et confirment qu’aucune denrée ni aucun pays ne sont épargnés. En 2020, environ 12 000 tonnes de produits illégaux et potentiellement dangereux ont ainsi été saisis avant d’être commercialisés dans les rayons des supermarchés. On ignore néanmoins la proportion d’aliments fraudés qui sont passés à travers les mailles du filet et ont atterri dans nos assiettes. Mais les chiffres et les faits relevés dans notre enquête et dans certains rapports de la Répression des fraudes en France sont aussi implacables qu’affolants :

  • 1 poisson sur 2 est non-conforme : mensonges sur l’étiquette, soucis d’hygiène ou allergènes non-mentionnés ; 
  • 50% des épices sont frauduleuses dont 59% des poivres ;
  • 43% des miels présentent des défauts de composition, de qualité ou sont faussement étiquetés français. Certains n’ont jamais vu l’ombre d’une ruche tant ils sont adultérés chimiquement ;
  • Un vendeur sur deux de volailles (poulet, dinde, canard, oie et pintade) triche, notamment sur les labels de qualité fermier (AOP, IGP, Label Rouge) ;
  • 1 produit bio sur 12 contrôlé ne l’est pas autant qu’il le prétend. Dans les Alpes Maritimes, ce chiffre monte même jusqu’à plus de 30%. En plein boom, ces produits bio attirent les fraudeurs y voyant de l’argent facile à faire…
  • Des vins du Languedoc sont frauduleusement rebaptisés Pomerol, Margaux ou Saint-Julien. Non, ce fleuron économique français n’échappe pas aux fraudes !
  • Des chevaux impropres à la consommation, bourrés d’antibiotiques, pénètrent aujourd’hui encore la chaîne alimentaire en catimini ;
  • De l’huile de tournesol à un euro le litre se transforme en huile d’olive vendue dix fois plus cher grâce à l’ajout de… chlorophylle ;
  • Du thon avarié est injecté d’additifs dangereux pour avoir l’air frais. Il est ensuite revendu comme si de rien n’était !

Les fraudeurs vont même plus loin que les simples produits alimentaires, jusque dans les champs : en Europe, un pesticide sur sept est contrefait selon une étude européenne de 2017. Ces sinistres imitations de produits phytosanitaires, potentiellement dangereuses pour la santé et l’environnement, sont utilisées dans l’hexagone.

Plus d'exemples ?

Découvrez le livre de foodwatch "Manger du faux pour de vrai : les scandales de la fraude alimentaire"

Etayée d’exemples hallucinants et de nombreux témoignages, cette enquête rédigée par Ingrid Kragl décrypte, preuves à l’appui, un phénomène savamment occulté. Elle remonte les filières, dresse le portrait des fraudeurs, explique pourquoi et comment des entreprises sortent des clous.

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Ne pas informer les consommateur·rices est un choix politique

Les autorités ne divulguent pas les détails des produits concernés par ces fraudes aux citoyen·nes. Pourtant, rien n’empêche nos décideurs politiques d’être plus transparents ! C’est ce que réclame notre pétition adressée au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire et au ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. 

Exigez avec nous plus de transparence sur les fraudes alimentaires !

Ce manque de transparence sur les fraudes alimentaires entretient un climat délétère. Ne pas communiquer clairement sur la réalité des faits revient à semer le doute sur l’ensemble des rayons et produits. 
Comme vous, nous sommes plus que jamais déterminé·es à exiger toute la vérité sur ces affaires de fraudes alimentaires. Qui triche ? Avons-nous consommé des produits frauduleux, de faux aliments ? 
La jurisprudence, les réglementations, les pratiques d’autres pays européens et de nombreux experts (Cour des comptes, Conseil constitutionnel) abondent dans le sens de la transparence. Il n’y a donc plus d’excuse pour se tapir dans l’ombre et refuser de s’attaquer au sujet !

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