L’industrie nous roule dans la farine… en toute légalité

Il vaut mieux ne pas croire ce qui est écrit sur les emballages des produits ©istockphoto.com

Le problème : des pratiques abusives et aucune sanction

Du yaourt aux fruits sans fruits, des produits déséquilibrés (trop sucrés, trop salés, trop gras) prétendument sains, des informations floues ou incompréhensibles pour le commun des mortels… Les fabricants recourent à de multiples ruses pour donner une meilleure image à leurs produits et vendre davantage. Sur les emballages de nos aliments, ces pratiques abusives ne sont pas l’exception mais la règle ! Et pourquoi s’en priver, puisque c’est complètement légal ? La législation tolère en effet de nombreux cas d’étiquetages qui nous induisent en erreur. Ou comment les rayons des supermarchés regorgent d'arnaques sur les étiquettes.

La situation actuelle : les politiques doivent s’emparer du problème

foodwatch a introduit en 2007 le terme de « tromperie légale » ou « ruse légale », après avoir dévoilé en Europe de nombreux cas concrets et incité des centaines de milliers de consommateurs à interpeller directement les fabricants, par exemple par le biais de pétitions et sur les réseaux sociaux. Grâce à cette pression, les fabricants, tout comme les autorités, ne peuvent plus fermer les yeux.

Le problème est donc connu et reconnu – mais tant que les lois ne seront pas modifiées, il ne sera pas résolu. Des réglementations laxistes ou inexistantes en France et en Europe, ainsi que le laisser-faire des responsables politiques favorisent ce contexte où l’opacité et l’impunité sont les maître-mots.
Des mesures visant à lutter contre ces pratiques abusives ont été préconisées lors des débats sur la réglementation européenne relative à l'information sur les denrées alimentaires (INCO) en 2010. Ce fut une occasion manquée : malgré quelques améliorations, la loi européenne laisse une vaste marge de manœuvre aux fabricants, trop souvent utilisée pour abuser les consommateurs.

En France, l’autorégulation est un véritable problème. Pour certains produits (dinde, soupe…), les lobbies de l’industrie agroalimentaire édictent en effet eux-mêmes les règles de composition et d’étiquetage qu’ils se targuent ensuite de respecter. Ces règles sont rassemblées dans des ‘codes’ rédigés dans le plus grand secret mais pourtant validés par nos autorités. Des arrangements inacceptables.

Les revendications de foodwatch

Les fabricants et distributeurs doivent afficher des informations claires et les emballages doivent refléter la réalité des produits. 
Tant que le recours à ces pratiques sera légal, beaucoup d’entreprises continueront d’induire les consommateurs en erreur. C'est pourquoi ce qui est autorisé aujourd'hui encore doit être interdit dès demain. Qui dit légal ne dit pas légitime pour autant.

Aujourd’hui, lorsqu’un consommateur s’estime floué par un emballage qui ne dit pas la vérité, il ne peut demander des comptes devant la justice. Pour mettre un terme à ces pratiques scandaleuses de l’industrie agroalimentaire, seules des obligations légales garantissant la transparence de l'information sur les produits alimentaires pourront être efficaces.
Ainsi, foodwatch exige que, sur les emballages, les informations objectives aient la priorité absolue sur la publicité.

Concrètement :

  • La description du produit doit être réaliste tant au niveau du nom que de l'image. Toutes ces informations doivent figurer dans une taille de caractères parfaitement lisibles.
  • Les quantités exactes des principaux ingrédients et de ceux mentionnés à l'avant de l'emballage ou vantés par la publicité doivent être chiffrées à l'avant de l'emballage.
  • L'origine réelle du produit doit être sans ambiguïté.
  • Les valeurs nutritionnelles, ainsi que les arômes et additifs, doivent être mentionnés de façon claire pour tous les consommateurs.
  • La fonction exacte des additifs doit être indiquée.
  • L'utilisation de substances animales ou végétales génétiquement modifiées doit être précisée de façon exhaustive. Cela inclut les ingrédients issus d’animaux (lait, œufs…) dont l'alimentation est constituée d'OGM.
Dernière modification le 11/02/2014
 
La newsletter foodwatch

Information, mobilisation, revendications : suivre toute l'actu