Actualités 23.11.2020

Nitrites : le lobby de la charcuterie industrielle tente de nous bâillonner

  • Additifs

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Face à la pression pour interdire les additifs à base de nitrites et nitrates dans l’alimentation, la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) - dont Herta (Nestlé), Cochonou, Madrange, Fleury-Michon et beaucoup d’autres font partie - vient de faire le choix du pire : le déni et une attaque contre Yuka par voie d’avocat, et donc contre foodwatch et la Ligue contre le cancer, pour tenter de faire retirer notre pétition commune. Cette tentative d’intimidation, que nous révélons au grand jour, prouve une fois de plus que seule une loi qui dicte des règles claires pour tous les fabricants pourra protéger la santé de toutes et tous. Rappelons en effet que les nitrites et nitrates ajoutés dans notre alimentation favorisent l’apparition de certains cancers, évitables. Les lobbies des charcutiers traiteurs ne nous feront pas taire.  

Débat politique, consensus scientifique

Un an et plus de 210 000 signatures après le lancement de notre pétition, le débat a pris de l’ampleur et fait l’objet d’une mission parlementaire qui en ce moment même poursuit ses auditions sur les sels nitrités dans l’industrie agroalimentaire. L’équipe de foodwatch y a été entendue le 6 octobre , ainsi que la Ligue contre le cancer quelques jours plus tard. Les auditions avec les scientifiques français expert·e·s de la question ont enfoncé le clou :  ils ont rappelé que de nombreuses études scientifiques confirment la dangerosité des additifs à base de nitrites et nitrates, particulièrement utilisés dans les viandes transformées, ajoutant que « le plus haut niveau de preuve possible est démontré » dans ce dossier et qu’« il serait bien que les charcutiers arrivent à se débarrasser de ce poison ».

En 2018, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a avancé le chiffre effrayant de 4 400 nouveaux cas de cancer par an (estomac et colon) liés à la consommation de viande transformée – et donc à l’usage des additifs nitrés, qui pourraient être évités en France.

La Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT), elle, base son attaque contre notre pétition dans sa lettre  de menace à Yuka sur la négation de ce discours scientifique. Cela n’a aucun sens, même pas pour servir une stratégie désespérée de semer le doute sur la question, car les risques pour la santé que représentent ces additifs E249, E250, E251 et E252 dans notre alimentation sont largement documentés

Les industriels de la FICT ne nous font pas peur ! Continuez de signez et partager la pétition

Le double jeu des géants de la charcuterie   

Les Herta (Nestlé), Cochonou, Madrange, Fleury-Michon et Cie qui sont derrière la FICT ont donc fait le choix de l’intimidation avec ce courrier d’avocats pour tenter de museler l’information, en demandant la fermeture de notre pétition, plutôt que de reconnaître leur responsabilité dans les cancers évitables liés à l’utilisation de ces additifs et soutenir leur interdiction. 

Pourtant, beaucoup de ces marques commercialisent déjà des gammes de produits sans nitrites ajoutés, ce qui prouve qu’elles sont bien au courant du problème et qu’elles sont capables de mettre en place une alternative. 
Ce double-jeu est d’autant plus inacceptable que ces mêmes marques vendent dans la majorité des cas des gammes de produits avec nitrites ajoutés et des gammes « sans nitrites ajoutés » mais vendues plus chères. Faut-il être riche pour accéder à une alimentation plus saine, sans additifs dangereux pour la santé ? 

La FICT est allée trop loin en décidant d’attaquer Yuka par voie d’avocats. Avec vous, foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer font front commun pour en finir avec ces additifs.  Signez et partagez la pétition pour montrer aux lobbies qu'ils n'arrêteront pas aussi facilement la mobilisation citoyenne !

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