Actualités 20.02.2019

Une loi pour faire reculer la malbouffe sera votée demain à l’Assemblée : l’occasion de faire primer l’intérêt général

  • Malbouffe

Experts, médecins, Organisation mondiale de la Santé : tout le monde s’accorde à dire qu’il faut agir pour protéger la santé des enfants. Tout le monde ? C’est ce qu’on verra demain, jeudi 21 février, alors que les député.e.s débattront d’une proposition de loi qui pourrait enfin décider d’interdire la publicité et le marketing qui ciblent les enfants pour les produits trop sucrés, trop gras, trop salés. Après l’échec de cette proposition lors des débats sur la Loi EGALIM, une commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle avait conclu que cette interdiction était nécessaire. Mais les jeux ne sont pas faits. Entre jeux d’amendements et jeux politiques, foodwatch rappelle que l’intérêt général doit primer.

Un enfant sur six en France est en surpoids ou obèse, et risque de le rester à l’âge adulte. L’Organisation mondiale de la santé pointe du doigt la responsabilité de certains acteurs de la malbouffe et recommande depuis des années des règles claires pour interdire la publicité et le marketing qui ciblent les enfants, pour des produis trop sucrés, trop gras, trop salés, sur tous supports. Les engagements volontaires de certains fabricants sont inopérants et ne suffisent pas, ce que foodwatch et nombre d’autres experts - notamment le Haut Conseil de la santé publique - ont déjà démontré. Alors qu’attend-on ? Près de 17 000 personnes ont déjà signé notre pétition.


En septembre dernier, le rapport de commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle faisait état de recommandations présentées par Michèle Crouzet, députée LREM Rapporteure de la Commission, et Loïc Prud’homme de LFI. Parmi celles-ci : interdire la publicité alimentaire à destination des enfants. Quelques mois plus tard, le Président de la Commission, Loïc Prud’homme présente une proposition de loi, appelée « Protéger la population des dangers de la malbouffe », qui sera débattue en séance publique à l’Assemblée nationale ce 21 février. Les député.e.s auront donc demain l’occasion de traduire en acte politique l’une des recommandations émises depuis septembre en restreignant le marketing ciblant les jeunes pour les produits peu favorables sur le plan nutritionnel. 

Or rien n’est moins sûr. La proposition de loi a d’abord été vidée de sa substance en commission des affaires sociales la semaine dernière. C’est maintenant principalement sur le texte redéposé et sur les nouveaux amendements que les débats auront lieu et qu’il faudra compter. On trouve justement au moins un amendement qui porte sur la publicité et le marketing (numéro 50), émanant de quelques député.e.s de la majorité.  Même si elle n’est pas parfaite, l’adoption d’une telle proposition serait un réel pas en avant. 


« Les considérations partisanes ne sont pas recevables sur des sujets aussi importants de santé publique. La solution est connue depuis longtemps et réalisable : aux législateurs de décider dès que possible des règles du jeu qui vont protéger la santé des enfants. Continuer à s’appuyer sur des engagements volontaires des industriels a déjà montré son inefficacité contre les pratiques dangereuses de certains industriels de la malbouffe »


Mégane Ghorbani, responsable des campagnes chez foodwatch France